Bondoukou : trafic d’anacarde « le ver est dans le fruit »

4 avril 2018

Le comité d’éveil chargé de lutter contre la fuite de l’anacarde vers le Ghana ne sait plus à quel saint se vouer. La fuite de l’anacarde est une réalité. Et tous sont impliqués. A chaque campagne d’anacarde toute la Cote d’Ivoire a les yeux fixés vers la ville au milles mosquées à cause du trafic de l’anacarde vers le Ghana. Notons que le Ghana à un port sec dans la ville frontalière de Sampah située à seulement 14 kilomètres de Bondoukou. L’anacarde est le seul produit de rente de la région. Il y a quelques semaines les DG des douanes et du conseil coton anacarde étaient venus sensibilisés les populations contre la fuite du produit vers les pays frontaliers voisins. Hélas après leur départ, le trafic qui se faisait en cachette avec des tricycles ou moto, se fait en grande pompe avec des colonnes de remorques au vu et au su des autorités. Approché, un acheteur qui a requis l’anonymat explique les raisons qui poussent les acheteurs a envoyé le produit au Ghana « les gens ne pense qu’à l’argent. Il n’y a pas de civisme fiscal c’est le véritable problème. Au second plan il y a les contraintes liés à la commercialisation avec les pertes de poids du au tri et au séchage. Pour un sac déchiré au port on prélève 8 Kg. Ensuite le taux d’humidité ne doit pas dépasser 10% or la qualité à un cout qui malheureusement est encore supporté par l’acheteur. Aujourd’hui pendant que partout le produit est acheté à 700F bord champ, le port d’Abidjan achète le kilogramme à 650F. Mais voyez vous, au Ghana qui est à peine à 14 kilomètre on achète le kilogramme à 1100F, il n’y a pas une question de sac déchiré et perte de poids. Pourvu que se soit de l’anacarde. », Précise t’il. Hélas cette situation cause beaucoup de tord aux acheteurs agrées et à l’état. La majorité des acheteurs agrée ont fui la région. Nous avons rencontré un acheteur agrée dans la sous préfecture de Sorobango « l’année passée à cette période j’avais déjà envoyé 400 tonnes d’anacarde. Cette année à peine j’ai 5 tonnes. Quand nous envoyons les pisteurs acheter le produit. Il achète le produit à 700F et ils attendent que d’autres personnes viennent prendre le produit avec eux à 900F. Quand tu l’interpelles, il vient te remettre l’argent et dit qu’il n’a pas eu de produit. C’est difficile de travailler. On a les parents qui te boudent parce que tu t’oppose qu’ils vendent le produit au Ghana ou c’est acheté à un meilleur prix. Cette année, j’ai fait une grosse perte. Les forces de l’ordre sont impliquées et cela nous fait mal. J’ai perdu gros cette année.», dit-t’il en larme. Un autre opérateur de Bondoukou dit avoir commercialisé plus de 2000 tonnes l’année passée mais cette année il n’a pas encore 200 tonnes. Après le passage des DG se sont environ 86 camions qui sont entrés au Ghana. Révoltés les jeunes ont décidé d’agir. Cette action du comité d’éveil a conduit à des saisies mais à chaque fois la première autorité militaire de la région exige la libération des camions. Ce mardi 3 avril nous avons approché le préfet de police le commissaire Angbonon Bouadou dont les éléments ont eu une altercation avec des éléments des (forces armées de Cote d’Ivoire) FACI. Il raconte « le ver est dans le fruit. Ce qui s’est passé fait l’objet d’une enquête. On a eu vent d’une opération de fuite du produit vers le Ghana et mes éléments sont allés intercepter les camions. Mais la première autorité militaire est arrivée sur le terrain et a exigé que les camions soient libérés. C’est une affaire de grade et j’ai demandé à mes éléments de se retirer. Cela s’est passé dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 mars. Mais il y a eu une première action que mes éléments ont mené vers Tambi ou à leur approche du lieu des opérations ils ont entendus des coups de feu.», soutient t’il. A la suite du préfet de police, nous avons rencontré le préfet intérimaire M Sylla Moustapha dans son bureau « les faits sont tellement grave que j’ai tressailli. Le jeudi 29 mars, un informateur me dit que sous escorte militaire, des camions vont au Ghana par l’axe de Tissié. Il y a eu un événement similaire à Transua ou quand le préfet a intervenu pour bloquer la fuite des produits, il a eu le courroux du colonel Morou. Pour se qui est de l’axe de Tissié, j’ai joint le préfet de police qui a envoyé des éléments bloquer la frontière et bloqué le convoi. Le colonel Morou est venu lui-même sur le terrain pour libérer les véhicules. J’ai demandé au préfet de police de retirer ses éléments pour éviter un bain de sang. Même si le colonel est dans le coup, il devait faire profil bas sur cette opération. Il m’a humilié. Son implication personnelle fait que les gendarmes et les douaniers ont baissé la garde. Puisse que chaque fois que des camions sont saisi, il intervient. Tous les autres corps le laisse faire. C’est un crime économique de surcroit à visage découvert. », Déclare t’il. Il interpelle les populations à intervenir « ma force se sont les civils, les journalistes, les acheteurs, dénoncez ses actions, s’il le faut faites des barrages civil pour empêcher la fuite du produit. On verra s’il va tirer sur des civils pour une question d’anacarde », conclu t’il très remonté.

Pour se que nos sources nous ont remonté comme information, il y a un guichet unique à Bondoukou pour le trafic de l’anacarde vers le Ghana ou une remorque paie 1.400.000F une 10 roues paie 800.000F, une 6 roues paie 600.000F et une KIA paie 350.000F.

Pour se qui est du trafic, les responsabilités sont partagées. Dans un village de la sous préfecture de Bondoukou, un trafiquant bien connu après qu’il ait acheté le produit a vu son produit être saisi par les responsables du conseil coton anacarde. Les populations se sont interposées. Le responsable du CCA a du demander à ses éléments de se remplier. Le préfet intérimaire M Sylla a aussi dit que le produit du neveu d’une autorité politique de Bondoukou était saisi et l’autorité a envoyé un de ses collaborateurs plaidé pour libérer le véhicule. Le préfet a invité tout le monde à s’impliquer pour endiguer ce phénomène. Le mal de la commercialisation est profond. La vente du produit vers le Ghana ne profite qu’à des individus dans une région qui attend beaucoup de l’état.

KANIGUI BILGUISSE

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