Afrique : La guerre de l’engrais aura bien lieu

16 janvier 2018

(afrimag.net) Une année après les annonces successives d’implantation en Ethiopie, au Nigeria et au Gabon d’OCP Group, leader mondial, voilà que Yara, le géant norvégien du secteur des engrais, lui emboîte le pas. Il vient d’annoncer un investissement de 2 milliards de dollars US dans un grand complexe de production de fertilisants, notamment d’ammoniac, au Mozambique à partir du gaz local.

C’est une formidable opportunité pour ce pays qui a découvert et commencé à exploiter récemment d’importantes ressources en hydrocarbures. Ce qui est clair c’est que la similarité de ce projet avec ceux d’OCP Group est frappante, tant sur la taille des complexes que sur les montants à investir ou encore concernant leur portée stratégique respective.
Ainsi, par exemple, chacun des projets d’OCP Group nécessite un investissement entre 2 et 3,5 milliards de dollars que ce soit au Gabon, au Nigeria ou en Ethiopie. De même, le marocain s’appuie sur la production locale de gaz voire, en plus, de potasse pour le cas éthiopien. Enfin, tous ces investissements ont la même finalité et une portée stratégique identique, à savoir, participer au développement de l’agriculture africaine tout en contribuant à la valorisation locale des ressources du continent au lieu de continuer à les exploiter de manière brute.

Selon les responsables de Yara, la décision de s’installer vient d’une demande formulée par l’Etat de Mozambique. Néanmoins, si Yara a promptement répondu c’est parce qu’auparavant un groupe africain concurrent a montré qu’il fallait croire au potentiel du continent. D’ailleurs, la taille des projets des deux groupes montre clairement qu’ils anticipent une croissance régulière et forte de la demande en fertilisants en Afrique. Ainsi, celui de Yara devrait permettre de produire annuellement jusqu’à 1,2 million de tonnes d’ammoniac, intrant utilisé dans la production d’engrais. Pour l’OCP, rien que sur le projet éthiopien, ce sont quelque 2,5 millions de tonnes d’engrais qui devraient être produites chaque année. Pour les projets au Nigeria et au Gabon, les capacités sont similaires.

S’il y a un secteur qui devrait connaître un développement fulgurant au cours des prochaines années, c’est bien de l’agriculture africaine. Le continent qui possède 60% des terres arables disponibles du Globe ira de plus en plus vers la maîtrise de ses ressources en eau.

Et beaucoup de pays ont pris conscience de la nécessité de créer les conditions d’un développement agricole, d’autant que des résultats palpables sont enregistrés par tous ceux qui ont osé franchir le pas.

Le Sénégal qui a longtemps importé ses énormes besoins en riz est sur le point d’être autosuffisant dans cette céréale consommée quotidiennement. Sa production d’oignons et de pomme de terre, en constante augmentation, couvre une bonne partie de ses besoins. Le Nigeria également a réussi à améliorer ses performances agricoles grâce à la politique qu’avait mise en place AkinwumiAdesina, l’actuel président de la Banque africaine de développement (BAD) au moment où il était ministre de l’Agriculture.

La Côte d’Ivoire et l’Ethiopie qui ont été qualifiés de moteurs du développement agricole du continent montrent qu’elles ont d’importantes ambitions.

Tout ceci montre que le secteur agricole présente autant d’opportunités pour les investisseurs qui veulent se développer sur le continent. La concurrence promet néanmoins d’être rude.

Par Mar Bassine Ndyaye

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