Le Prix mondial de l’alimentation donne des ailes au président de la BAD

23 octobre 2017

(africanmanager) Le Prix mondial de l’alimentation vient conforter la volonté de poursuivre la transformation de l’Afrique à travers les Cinq grandes priorités que la Banque africaine de développement (BAD) a définies dans ses High 5 , en particulier celle de Nourrir l’Afrique , a déclaré son président Akinwumi Adesina, jeudi 19 octobre à Des Moines, aux États-Unis.

Lors de la conférence de presse qui a précédé la remise officielle du prix dont il est le lauréat 2017, le président de la BAD a dit combien chacun des High 5 est étroitement lié aux autres, et réitéré l’engagement de la Banque à poursuivre son travail de développement en Afrique. Et de souligner la nécessité de mettre les technologies et l’information aux mains des agriculteurs.

« Le Prix mondial de l’alimentation est un grand honneur et une reconnaissance pour tout le travail que je mène depuis des décennies. Mais il nous met aussi le vent en poupe, alors que nous décollons pour nourrir l’Afrique, car c’est une mission qu’il faut poursuivre jusqu’à son terme », a-t-il martelé.

Et le lauréat 2017 du Prix mondial de l’alimentation d’ajouter : « L’Afrique doit non seulement se nourrir elle-même, mais elle doit aussi le faire avec fierté. L’Afrique doit également exploiter le potentiel de son agriculture pour la transformer de sorte que ce ne soit plus simplement un moyen de lutter contre la pauvreté mais qu’elle serve à créer de la richesse ».

Il a parlé du téléphone portable, devenu l’outil le plus important qu’un agriculteur puisse avoir aujourd’hui.

« Avec le portable, les agriculteurs peuvent se renseigner sur les marchés, la météo et sur l’accès aux financements, a-t-il argué. Ils peuvent, par exemple, avoir des informations sur la santé des mères. C’est très important. C’est pourquoi nous avons lancé, quand j’étais ministre de l’Agriculture au Nigeria, un système de portefeuille électronique qui permet aux agriculteurs de se procurer des engrais. Nous avons touché plus de 15 millions d’agriculteurs  ».

Sensibilisation et autonomisation ne peuvent se faire que si l’on fournit les informations requises, en démocratisant l’accès à l’information pour les agriculteurs, a ajouté le président de la BAD.

« Je n’ai jamais vu un agriculteur qui a envie d’être pauvre », a-t-il insisté.

En juin dernier, le Prix mondial de l’alimentation 2017 était décerné à Akinwumi Adesina, pour le travail qu’il a accompli afin d‘améliorer la disponibilité des semences, des engrais et du financement pour les agriculteurs africains et pour avoir changé la perception qu’ont les jeunes Africains de l’agriculture et s’y investir en y voyant une activité lucrative.

Considéré comme le Nobel de l’agriculture, le Prix mondial de l’alimentation, créé par Norman Borlaug, prix Nobel de la paix en 1970, est perçu comme la plus prestigieuse distinction internationale qui vient couronner des individus qui ont œuvré en faveur du développement humain en améliorant la qualité, la quantité ou la disponibilité de la nourriture à travers le monde.

Le Prix est remis tous les ans au mois d’octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation – le 16 octobre ou aux alentours de cette date –, lors d’une grande cérémonie organisée à Des Moines, capitale de l’État de l’Iowa, aux Etats-Unis.

Depuis l’arrivée d’Akinwumi Adesina à sa tête en mai 2015, la BAD œuvre à accélérer le développement de l’agriculture, grâce à sa stratégie « Nourrir l’Afrique », qui prévoit quelque 24 milliards de dollars EU d’investissements au cours des dix prochaines années.

Ce prix vient également couronner le travail qu’a accompli Akinwumi Adesina ces vingt dernières années avec la Fondation Rockefeller et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), mais aussi en tant que ministre de l’Agriculture et du Développement rural au Nigeria.

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