La Côte d’Ivoire s’inquiète du swollen shoot, maladie du cacaoyer

19 septembre 2017

19 Sept. (Rfi.fr) – Les producteurs ivoiriens de cacao sont confrontés au swollen shoot, la maladie du cacoyer qui commence à faire des ravages au centre du pays. C’est l’objet d’un séminaire qui se tient cette semaine dans la ville de Bouaflé.

Cela commence par un éclaircissement le long des nervures. Imperceptiblement les feuilles jaunissent, puis les rameaux et les racines se mettent à gonfler comme des morceaux de bois trempés dans l’eau. Les cabosses de cacao ne se développent plus et le plant dépérit. Le swollen shoot tue un arbre en trois ans, mais les dégâts commencent dès la première année avec une chute de rendement de 25 à 30 %. Le swollen shoot est une maladie virale propagée par un insecte la cochenille et pour laquelle il n’existe aucun remède, ce qui lui vaut parfois le surnom de sida du cacao.

Ce virus limité pour l’intrant à l’Afrique de l’Ouest fut identifié et décrit pour la première fois au Ghana en 1936. Il y a ravagé des milliers d’hectares. En 1943, les planteurs ivoiriens voient apparaître le swollen shoot dans l’est du pays, mais la maladie s’estompe miraculeusement. Elle resurgit en 2003 dans la région ouest, dans les départements de Sinfra et Bouaflé. 8 600 hectares touchés et des pertes de production allant de 40 à 100 %.

Un virus qui se répand rapidement

Aujourd’hui, le swollen shoot se répand rapidement. Certes il n’empêche pas la Côte d’Ivoire de battre cette année des records avec deux millions de tonnes de cacao attendues, mais il inquiète, car le mal est difficile à stopper. Et les dégâts sont ruineux. Les producteurs doivent en effet arracher les cacaoyers atteints et tous ceux qui se trouvent dans un périmètre de 20 mètres autour du plant contaminé. Il faut ensuite replanter en espérant que le virus a disparu.

Le Conseil du café cacao, la structure en charge de la filière en Côte d’ivoire a débloqué 8 milliards de francs CFA en 2015 pour aider les planteurs à éradiquer le swollen shoot et à survivre en attendant que les nouveaux plants arrivent à maturité. Les opérations de sensibilisation comme le séminaire qui a commencé cette semaine à Bouaflé permettent aussi d’accélérer l’indemnisation des cacaoculteurs affectés par la maladie. Seule façon de les inciter à arracher au plus vite les plants contaminés et donc à enrayer la maladie avant qu’elle ne se généralise.

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