Il est de la responsabilité des Africains de mettre du sérieux dans le secteur agricole, selon le DG Afrique de la Fondation Rockefeller (Interview)

13 septembre 2017

Côte d’Ivoire (AIP) – La capitale économique ivoirienne, Abidjan, a abrité du 4 au 8 septembre 2017, la 7ème édition du Forum pour la révolution verte en Afrique (AGRF) co-organisée par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) et la Banque africaine de développement, en partenariat avec les fondations Rockefeller et Bill & Melinda Gates. Le directeur général pour l’Afrique de la Fondation Rockefeller, Mamadou Biteye Obe, au terme de ses assises, fait le point sur les avancées, les actions en cours et sa vision pour une révolution agricole en Afrique. Pour lui, il appartient aux Etats africains de mettre du sérieux dans le secteur et de le mettre en priorité. Interview

AIP : Mamadou Biteye, vous venez de prendre part à la 7ème édition du Forum pour la révolution verte en Afrique (AGRF), pouvez-vous dire s’il y a des avancées?

Mamadou Biteye Obe : Merci pour la question, vous savez, nous avons suivi l’évolution du Forum pour la révolution verte en Afrique promue par l’institution elle-même, l’institution est connue depuis le début, par ce que l’institution Rockefeller est l’une des institutions qui a co-créé par l’institution AGRA en partenariat avec la fondation Bill & Melinda Gates en 2006. Et ceci découle de la volonté de deux institutions d’avoir un impact positif et réduire la souffrance dans le monde et particulièrement l’insécurité alimentaire, les crises et ce faisant de pouvoir améliorer la productivité mais aussi la résilience de l’agriculture africaine en mettant au cœur les petits paysans qui constituent en fait l’essentiel des producteurs. Donc depuis 2006, l’institution AGRA s’est beaucoup focalisée sur ce qu’on pourrait caractériser comme un travail de recherche développement tout en développant différents produits qui pourraient permettre de faire avancer cette transformation agricole, notamment le travail remarquable qui a été fait dans le développement de nouvelles variétés de semences. Environ 700 variétés et de nouvelles variétés de semences ont été développées en dix ans dans différentes cultures ou spéculations. Tout un travail a été fait pour prendre en charge la problématique de l’appauvrissement des sols en Afrique, donc tout un programme sur les moyens pour restaurer la fertilité des sols, un travail a été fait sur l’organisation. Comment améliorer l’efficacité des organisations paysannes, tournées non seulement au profit d’autres acteurs des chaînes de valeur mais pour que ces organisations paysannes soient véritablement des plateformes qui servent les intérêts des petits paysans, des exploitations, des exploitants familiaux. C’est un travail pour faciliter l’accès aux marchés, l’accès au financement etc., et j’en passe.

AIP : Pourquoi la création d’un forum pour l’agriculture en Afrique ?

Mamadou Biteye Obe : AGRF, le Forum a été créé comme une plateforme pour justement diffuser tous ces produits qui ont été développés au fil du temps et dont le petit producteur a besoin mais diffuser pas seulement auprès des producteurs. C’est diffuser aussi auprès des gouvernements, des décideurs publics qui développent des programmes de développement pour l’agriculture chez eux. Mais comment augmenter leur conscience sur l’existence de ces produits-là, et comment le vulgariser, diffuser auprès du secteur privé particulièrement les fabricants qui peuvent prendre les solutions, les développer d’une manière commerciale et les mettre en marché qui est véritablement le meilleur moyen d’amener à l’échelle et de distribuer à une grande échelle ces productions et de rendre l’accès.

C’est aussi le secteur privé notamment la mobilisation des financements pour rendre tout cela possible. Donc, si vous voulez, le Forum vient combler un besoin, un gap, un besoin existant parce qu’aujourd’hui, il n’y a aucune autre plateforme comme le Forum ici sur le continent dédié à l’agriculture. C’est le Forum qui réunit les décideurs politiques, qui réunit les scientifiques de la recherche, le secteur privé, les investisseurs, etc., la société civile, tout le monde est là. Donc, aussi le Forum de cette année se tient une année après le 10ème anniversaire de l’institution AGRA et pendant lequel avec la campagne « Saisir le moment », beaucoup d’engagement ont été pris par les partenaires au développement et le gouvernement pour augmenter de manière significative l’investissement dans le secteur agricole à hauteur de 30 milliards de dollars. Donc, ce Forum était important cette année pour justement faire le point sur ces engagements-là. Les engagements qui ont été pris, est-ce qu’ils sont effectifs, est-ce qu’ils ont été mis en place, est-ce qu’il sont en début de mise en œuvre pour vraiment permettre l’accélération de cette transformation? Donc pour moi, je trouve que de ce point de vue de cet objectif, je crois que le Forum a atteint ses objectifs.

AIP : Mais pourquoi le choix d’Abidjan pour l’organisation de cette édition ?

Mamadou Biteye Obe : C’est de reconnaître et surtout pour la première fois dans un pays francophone d’Afrique et seulement en cette édition seulement la deuxième fois en Afrique de l’Ouest. Pour moi, c’est des paramètres qui sont extrêmement importants. Cela veut dire qu’aujourd’hui, le forum reconnaît l’importance de l’Afrique de l’Ouest, la complexité du secteur agricole en Afrique de l’Ouest et qui pour vraiment réussir une transformation agricole de l’agriculture en Afrique. Il est important que l’Afrique de l’Ouest soit au cœur et qu’aussi reconnaître que les pays francophones avec des systèmes plus au moins différents, des approches plus ou moins différents sont importants et qu’il y a des leçons à apprendre particulièrement d’un pays champion comme la Côte d’Ivoire qui est 1er dans plusieurs domaines qui est un pays quand même qui exerce un leadership très fort dans le domaine de l’agriculture ici, en Afrique de l’Ouest.

AIP : Alors comment se fait la diffusion auprès des Etats des résultats de vos recherches ?

Mamadou Biteye Obe : AGRA a une nouvelle stratégie, une stratégie sur cinq ans qui vise à faire plusieurs choses mais je vais vous dire essentiellement à mon avis, les trois axes majeures. Le premier axe majeur, c’est de faire en sorte qu’actuellement, l’approche de l’agriculture soit vraiment transformative, qu’elle puisse être une approche totale chaîne de valeur, c’est-à-dire, on ne peut pas juste se focaliser sur la production et oublier totalement qu’une fois qu’on a produit. Il faut vendre donc, il faut également en même temps qu’on s’occupe de la production, qu’on s’occupe aussi du marché pour améliorer la production, il est important de s’occuper des technologies des financements aussi qui est une partie de la chaîne de valeur, il faut s’occuper également de la formation des paysans, il faut s’occuper des reformes financières, des reformes foncières qui sont importantes et enfin il faut aussi voir une fois qu’on met en marché. Comment aussi passer du stade où l’Afrique est totalement producteur de matière première mais comment ajouter de la valeur en mettant en place une chaîne de transformation des produits pour la valeur ajoutée et ceci serait un socle pour le développement de petites et moyennes entreprises industrie et donc de pourvoir aussi l’emploi aux jeunes.

Quand on parle de vieillissement de la population, des fermiers et l’accroissement de la population jeune qui aujourd’hui peine à trouver du travail, justement, ce n’est pas en demandant à ces jeunes de retourner à l’agriculture par la production seulement. Mais c’est par rapport à cette opportunité qui est offerte justement de pouvoir ajouter de la valeur aux productions, de pouvoir aussi développer les valeurs de la technologie de l’information et de la communication, les technologies de manière générale, tout ce qui est important pour soutenir un secteur agricole qui est performant et moderne.

Donc ça, c’est le premier axe. Donc cette gestion totale de la chaîne de valeur et deuxièmement, c’est également développer tout un système de semence, de distribution de semence et des intrants qui soient bien organisé de manière à permettre aux paysans l’accès de ce pouvoir et le troisième axe pour moi, qui est fondamental, c’est de pouvoir travailler et être le partenaire de choix des gouvernements africains dans l’élaboration de politique nationale et de reformes de politique nationale en matière d’agriculture en tant que partenaire technique.

Pour ce faire, en menant une expérience multi-géographique et multi-secteur pour ces gouvernements-là, parce qu’AGRA a un point de vue global sur l’Afrique, et donc peut enrichir ces gouvernements par rapport à ce qui se passe dans différents coins de l’Afrique et au-delà. De ce point de vue, être le partenaire de choix dans l’élaboration de cette politique, de ces programme dans le reformes qui sont nécessaires mais également dans la mise en œuvre de ces reformes et de ces politiques. C’est ça, les axes et ces axes-là sont les axes qui permettent d’amener les innovations induites à AGRA et aussi les innovations tout court qui viennent de partout dans ces processus-là.

AIP : Mais est-ce qu’il y a déjà un début de mise en œuvre de ces stratégies?

Mamadou Biteye Obe : Absolument, il y a un début de mise en œuvre, tout à fait! Vous savez, dans le cadre de cette stratégie, il y a 11 pays africains qui ont été identifiés et l’objectif sur les cinq prochaines années, c’est de pouvoir travailler avec ces 11 pays et d’avoir un impact sur environ 30 millions.

AIP : A partir de quand ?

Mamadou Biteye Obe : A partir de l’année dernière. Donc d’avoir un impact de plus de 30 millions de petits paysans à travers le continent. Donc, les équipes ont été mises en place, un processus de décentralisation a été amorcé et qui est mis en place. L’institution continue d’attirer les talents confirmés avec l’expérience et l’expertise, et on commence déjà à travailler avec des gouvernements comme celui de Côte d’Ivoire, comme le Ghana, comme le Kenya, comme la Tanzanie, l’Ouganda, etc. Le Mali, le Burkina Faso mais également d’autres pays en Afrique australe, Malawi et autres pour la mise en œuvre de ces stratégies-là.

AIP : Au regard de tous ses efforts, pensez-vous qu’il faut un plan Marshall pour l’agriculture africaine ?

Mamadou Biteye Obe : Voyez-vous, moi je pense que les moyens sont importants que ce soit un plan Marshall ou un engagement beaucoup plus effectif des Etats, ils attendent à consacrer leur effort ou quel que soit les moyens par lesquels on y arrive. Moi, je pense que ce qui est surtout important, c’est que les Etats africains mettent l’agriculture comme première priorité. Parce que comme on dit, on peut être appuyé mais faudrait-il que nous même nous soyons déjà, nous montrions déjà la voie. Je pense que personne ne viendra de l’extérieur pour développer nos pays.

Certainement pas aussi notre agriculture. Je représente une fondation étrangère, nous avons un engagement pour mettre fin à la faim à travers le monde, mais je dois dire que par notre seule volonté en tant qu’institution étrangère, cette transformation ne se fera pas s’il n’y a pas un premier pas de ces pays-là. Donc, je dois dire que oui, un plan Marshall est important, un plan Marshall peut être très utile, mais faudra-t-il que ce plan Marshall puisse déjà renforcer, soutenir et compléter les efforts qui seront faits et qui seraient fait par les gouvernements africains d’abord. Et ceci va se faire par le respect déjà des engagements de Maputo qui ont été pris en 2003 et nous sommes 17 ans après, et nous pouvons compter sur deux doigts de la main les pays qui ont respecté cet engagement de consacrer au moins 10% de leur budget à l’agriculture.

AIP : Peut-on avoir des exemples de pays qui l’ont atteint ?

Mamadou Biteye Obe : Certains l’ont atteint, une année, deux ans et sont retombés, d’autres n’y sont jamais arrivés. Mais il faut aussi applaudir et reconnaître ceux qui sont allés au-delà de ces 10%. Et aujourd’hui, ce qui a eu une réelle transformation des pays, comme l’Ethiopie par exemple, ces dernières années. Un pays dont on se souvient les images à la fin des années 70, terrible qu’on a vu, même les années 80 avec les grandes famines. Aujourd’hui, même quand il y a des problèmes de production, on entend plus et on ne voit plus ces images là en Ethiopie. Parce qu’on sait comment adresser ces question-là, comment les résoudre. Y a pas de miracle et il n’y a pas de « short card » comme on le dit encore, de raccourcis.

Voyez-vous, les pays qui ont pu faire ça. L’Inde est un exemple bien concret. Avec sa population, a bien vu qu’effectivement qu’avec cet accroissement de sa population, il courait à sa perte et allait être affamé s’il ne prenait pas. L’Inde a décidé de consacrer 10% environ de son budget sur une quinzaine d’années de manière consistante. Ce qui a permis justement au moins, même s’il y a encore beaucoup de choses à faire pour encore moderniser et rendre cette agriculture beaucoup plus performante mais aujourd’hui même s’il y a des crises, en Inde, on n’entend pas de crises alimentaires. Donc voilà où nous devons arriver. Donc pour moi, Plan Marshall, Plan Merkel ou n’importe quel autre plan, c’est important mais en tant qu’Africain, je pense qu’il est de notre responsabilité de vraiment arrêter et de mettre du sérieux dans le secteur et de le mettre en priorité.

AIP : Mais pourquoi nos Etats n’arrivent-ils pas à dégager ces 10% de leurs budgets ?

Mamadou Biteye Obe : Il me serait très difficile d’y répondre, mais pour moi, je pense que c’est une question de volonté politique parce qu’on ne donne pas l’objectif auxquel ils se sont engagés. Pas un objectif comme on va dire en terme de dollar, c’est en terme de pourcentage par rapport au budget. Et comme on dit « dites-moi où vous mettez votre argent et je vous dirai quelles sont vos priorités ».

Donc pour moi, c’est une question de volonté politique de pouvoir dire au-delà de la rhétorique, de pouvoir parler de l’agriculture de son importance et de son effet d’entrainement dans l’économie. Au-delà de cette rhétorique, de prendre cet engagement sachant que c’est difficile et qu’il y a beaucoup d’autres secteurs prioritaires en Afrique que ce soit la santé, que ce soit à l’éducation, etc. Les infrastructures dont on a besoin, il y a énormément de besoins et de priorités mais ce qui est clair, c’est que par rapport à tout cela, je pense que deux secteurs sont vraiment importants. L’éducation et l’agriculture ont un effet d’entrainement extraordinaire. Donc, pour répondre à votre question, je pense d’abord à une question de volonté politique, d’une détermination, mais aussi d’une discipline, une fois que la décision a été prise.

AIP : On sait très bien que l’agriculture africaine est confrontée à de très grands défis. Est-ce que vous pensez qu’en plus de vos efforts et devant la réticence de certains Etat, il est possible d’atteindre une agriculture inclusive dans nos Etats ?

Mamadou Biteye Obe : Il est possible, il est tout à fait possible ! Je dis encore que c’est une question de volonté politique d’abord et puis ensuite une question d’organisation. Il est tout à fait possible. Nous avons vu d’autres le faire. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on n’a pas besoin de réinventer l’agriculture. On a suffisamment vu d’exemples à travers le monde, on a vu des pays peut-être on me dira « c’est un pays d’Europe », mais c’est un très bon exemple.

Les Pays-Bas sont là, petit pays ont presque 80% de la superficie est en dessous du niveau de la mer, de grandes contraintes de terre arable ont dû repousser la mer pour pouvoir réclamer de terre arable. Aujourd’hui, les Pays-Bas à travers cela, un engagement, un investissement conséquent, l’innovation, l’investissement dans la recherche, c’est aujourd’hui le premier pays agricole en Europe. On a vu le Japon qui est un pays montagneux, d’une multitude de terres arables, etc. Mais, ils ont fait des reformes qui ont permis de distribuer la terre en s’assurant que chaque paysan a un hectare, une superficie « manageable » et avec l’accompagnement qu’il faut. Et plus récemment et plus proche de chez nous, c’est l’exemple de la Corée du Sud, et plus proche de nous c’est l’exemple du Rwanda.

Aussi, où l’Etat a effectivement pris des décisions et a veillé à leur mise en œuvre et de faire en sorte que chaque famille ait exactement un hectare de terre superficie « manageable » et qu’il consolidait, on peut avoir une plus grande exploitation par la consolidation et l’agrégation pour pouvoir faire la différence. Donc, je pense que l’agriculture, il faut une révolution. C’est vrai mais je pense aussi que comme on dit « Rome ne s’est pas construit en un seul jour », n’est-ce pas ? Mais je pense qu’il faut aller avec nos moyens, avec notre détermination et une vision, je pense que la question de réforme foncière, l’allocation du budget, etc., tout cela ce sont des questions douloureuses. N’est-ce pas difficile, mais dit-on, on ne ferait pas une omelette sans casser des œufs.

AIP : A quel point la science vous aide vous et peut aider aussi à atteindre les objectifs en matière d’essor agricole ?

Mamadou Biteye Obe : Vous savez, la science est extrêmement importante, science et technologie. Je pense que l’une des caractéristiques de la fondation Rockefeller, c’est depuis longtemps avoir une des choses, c’est vraiment l’application de la science et de la technologie pour appuyer l’innovation dans le secteur agricole. Cela a été fait et je pense que toute l’histoire de la révolution verte qui a commencé en Amérique Latine avec le développement de nouvelle variétés, l’utilisation de la biotechnologie etc., a été extrêmement déterminant pour développer des variétés qui étaient plus productives, plus adaptées à ces contextes-là et qui ont permis de vaincre la faim dans ces contextes-là.

Donc pour moi, la science et la technologie, l’innovation sont extrêmement déterminants. Il faut que ces capacités soient davantage développées chez nous aussi et en finançant davantage les institutions de recherche et les universités, les laboratoires et que nous puissions d’abord et davantage développer les variétés, les approches qui sont beaucoup plu pertinentes et beaucoup plus adaptées à notre contexte et à notre niveau aussi. Ce que je peux dire à tous, des technologies appropriées à notre propre contexte incontournable.

AIP : Comment vaincre la faim quand les produits de première nécessité comme le riz sont souvent présentés comme plus chers, produits localement que sur le plan international ?

Mamadou Biteye Obe : C’est ça que je dis que c’est là que viennent les questions d’infrastructure, de formation et d’investissement aussi de choisir nos niches … Parce que pour moi, c’est un choix qu’il y a à opérer entre la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire, ce sont des notions qui sont totalement différentes. La sécurité alimentaire, c’est de pouvoir avoir les moyens qui vous permettent de vous nourrir même si vous achetez ces produits-là. Mais la souveraineté, c’est de pouvoir produire ce que l’on mange et donc, si on opte pour une souveraineté, il y a aussi des lois du marché qui sont là. Mais en tant que consommateur, je vais essayer de trouver la meilleure qualité et à meilleur prix. Je pense que l’idée, c’est de pouvoir vraiment investir dans les infrastructures, dans le savoir-faire, donc la science et la technologie domestiquée à mettre à la disposition les financements qui ne sont moins chez le concessionnaire pour véritablement développer un environnement compétitif.

(AIP)

kkf/cmas

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