Interview avec Alliagui Soumaila, secrétaire général de Agri police dans la région du Gontougo

18 mai 2017

18 Mai (agrici.net) – La campagne de l’anacarde de 2017 tire allègrement à sa fin. Force est de constater que la moisson n’a pas été bonne pour tous les acteurs de cette filière dans la région du Gontougo dont le chef lieu est la cité des milles mosquées c’est-à-dire Bondoukou. La vie économique de cette partie de la Cote d’Ivoire tourne autour de la noix de cajou. Notre équipe a rencontré M. Alliagui Soumaila secrétaire général de Agri police dans la région du Gontougo. Un syndicat de producteurs de la région pour faire un petit bilan de leurs activités avant la fin de la campagne.

Agrici.net : qu’est ce que Agri police?

Alliagui Soumaila : Agri police est un syndicat dans le monde agricole qui est régit par la loi syndicale en Cote d’Ivoire. C’est un syndicat qui lutte pour le respect des prix des produits agricoles. Egalement, agri police lutte pour le droit agricole ivoirien. Nous travaillons beaucoup dans le secteur du cajou. Dans ce secteur, nous faisons par des conseils, la formation des acteurs, précisément des producteurs. Beaucoup de producteurs sont membres de ce syndicat. Faire respecter la chaine des valeurs est le véritable rôle de agri police. Dans le cajou, nous avons les producteurs qui d’ailleurs sont les pus nombreux, les acheteurs et leurs assistants qu’on appelle pisteurs, les exportateurs et les transformateurs. Nous surveillons la chaine des valeurs de sorte à ce qu’un exportateur ne soit pas sur le terrain au même titre que l’acheteur. Puisque les deux ne payent pas les mêmes montants de taxe à l’état. On a parfois constaté que certains exportateurs se font enregistrer comme des acheteurs.

Agrici.net : quand est ce que Agri police a vu le jour ?

Alliagui Soumaila : agri police a vu le jour en 2013 avant l’avènement du conseil coton anacarde. Nous sommes un syndicat national avec des représentations sur toute l’étendu du territoire ou l’on produit de l’anacarde.

Agrici.net : qu’est ce qui a motivé la création d’une police agricole ?

Alliagui Soumaila : durant plusieurs campagnes de l’anacarde, nous avons constaté que nos parents les producteurs étaient beaucoup lésés. Les acheteurs ou les exportateurs ne respectaient pas les prix bord champs, même quand l’état fixait les prix. Depuis l’avènement de notre syndicat, les producteurs ont eu une oreille attentive pour leur revendication sur le respect des prix. Nous avons beaucoup contribué à cela. Même si comparativement au Ghana voisin, le prix fixé par la Cote d’Ivoire n’est pas satisfaisant, mais avec notre contribution, nous disons constatons qu’il est respecté au bas prix et nous nous en réjouissons. Nous négocions avec des structures qui fabriquent les produits phytosanitaire que nous mettons en contacts avec des coopératives pour l’entretien des champs afin d’avoir un bon rendement.

Agrici.net : quels sont vos moyens d’action ?

Alliagui Soumaila : nous sommes un syndicat représenté dans chaque village. Dans chaque village de la région, nous avons au minimum un relais. Alors grâce à leur volonté de servir la cause des producteurs et les intérêts de leur pays, ces derniers nous donnent des informations que nous transmettons aux autorités compétentes. Il revient aux autorités d’agir en vérifiant nos informations et en passant surtout à l’acte. Nous sommes un syndicat civil et ne disposons pas de moyens de répression. Nous conseillons, interpellons et sensibilisons tous les éléments de la chaîne des valeurs qui interviennent dans le domaine de la noix du cajou pour le bien être de nos parents du zanzan.

Agrici.net : après 3 années d’existence quel est votre bilan quand on sait que cette année il y a eu beaucoup de fuite du produit vers le Ghana ?

Alliagui Soumaila : nous disons que notre bilan est positif. Chaque année avant le lancement de la campagne de l’anacarde, nous sensibilisons nos parents. Nous demandons à nos frères d’ici de ne pas aller prendre de l’argent avec des indiens au Ghana et tenter de leur envoyer le produit. Nous demandons aux coopératives de ne pas se muer en acheteurs. Enfin nous disons aux producteurs de ne vendre leur produit qu’aux acheteurs agrée par l’état de Cote d’Ivoire. Ici la fuite du produit vers le Ghana est très élevée. Mais avant la campagne, nous donnons aux autorités les différents circuits que les contrebandiers empruntent avec le produit. Nous allons même jusqu’à dire aux autorités les lieux ou le produit est stocké et les horaires de départ du produit vers le Ghana. N’est ce pas une action citoyenne que de faire tous ces efforts ? C’est aux autorités qu’il revient d’agir en utilisant les forces régaliennes.

Agrici.net : quelles sont vos difficultés ?

Alliagui Soumaila : nous avons un manque criard de manque de locomotion. Nous couvrons 22 sous préfectures et ce n’est pas facile. Nous avons des besoins logistiques et financiers. Il faut songer à mettre en place l’inter professionnalisation de la noix de cajou en Cote d’Ivoire pour que les acteurs eux mêmes puissent s’occuper de leur commercialisation. On pourra ainsi réguler les prix et éviter la fuite du produit.

Agrici.net : un appel ?

Alliagui Soumaila : je lance un appel à l’état en demandant de fixer le plutôt possible le prix de l’anacarde. Cela permettra d’éviter la fuite des produits vers le Ghana. Construire de grandes usines de transformation dans les grandes zones de production. Cela permettra à l’anacarde d’avoir une plus valu et également de créer des emplois.

Kanigui Bilguisse

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