Les drones et les robots sont-ils l’avenir de l’agriculture ?

4 mai 2017

(reporterre.net) 04 mai Depuis longtemps, le matériel agricole est banni du Salon de l’agriculture, à Paris. Il est exposé à la même période (tous les deux ans) à Villepinte, au nord de la capitale. Mais c’est un salon professionnel, et c’est fort dommage.

Car de ce fait, le grand public ne peut pas prendre la mesure des changements technologiques qui bouleversent l’agriculture depuis une vingtaine d’années. Et ça n’est pas qu’une question de taille. Même si les tracteurs sont devenus des colosses colorés et flamboyants dont les cabines haut perchées ne sont plus accessibles que par une échelle.

Les épandeurs déploient des bras aussi longs qu’une aile d’avion. Les moissonneuses-batteuses avalent les céréales à la façon d’un ogre.
Cette course au gigantisme est spectaculaire mais moins radicale que l’émergence depuis une quinzaine d’années d’une agriculture connectée. Guidage par GPS (les tracteurs dans les champs n’ont plus besoin d’un conducteur), drones, robots, puces, big data, capteurs dits intelligents… Toutes les innovations qui tissent nos vies quotidiennes ont investi l’agriculture au point de la bouleverser aussi surement que le remembrement dans les années 1960.
C’est ce changement et ses conséquences que Vincent Tardieu veut nous faire toucher du doigt. On ne pouvait espérer meilleur guide.

Journaliste scientifique, bon connaisseur du monde agricole et de ses pratiques (auteur en 2014, chez le même éditeur, de Vive l’agroévolution française ! et de L’Étrange silence des abeilles, 2016), notre homme a enquêté consciencieusement. Pendant plus d’une année, il a sillonné la France agricole, rencontré des agriculteurs, ou plutôt des exploitants agricoles, qui ont fait du smartphone et de l’écran d’ordinateur l’outil de conduite privilégié de leur exploitation, et d’autres, des bergers par exemple, qui, tout décroissants qu’ils sont, détournent et bidouillent des applications pour retrouver leurs brebis égarées en montagne ; il a interrogé les concepteurs de logiciels d’aide à la décision (quand semer ? comment optimiser les apports d’engrais, de produits phytosanitaires… ?) et les vendeurs de robots de traite laitière ; il a discuté avec les syndicalistes agricoles et bataillé avec les ingénieurs des firmes de l’agrobusiness ; il a écouté des sociologues et des responsables de chambres d’agriculture ; il a questionné le ministre de l’Agriculture. Si ça avait été possible, il aurait fait parler les vaches laitières et les bœufs, les tracteurs et les drones.
Dans une dizaine d’années, les robots équiperont un élevage sur deux Solide et fourmillant d’exemples, le livre (dont il faut souhaiter qu’il débouche sur un documentaire télé) est construit comme une dissertation de sciences politiques, en trois parties, thèse, antithèse, synthèse, d’importances inégales. Dans la première, la parole est aux usagers (et aux défenseurs) de l’agriculture connectée. Ils sont de plus en plus nombreux (le marché croit de 13 % LIRE LA SUITE ICI

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