Conflit agricole bouviers et populations: Les populations de Gofabo et Attiégouakro au bord d’un embrasement

5 avril 2017

Attiegouakro, 5 avr. (agrici.net) – La situation reste très tendue entre les populations de Gofabo, gros village sis à 5 km dudit département, et à 19 km du district autonome de Yamoussoukro, et celles d’Attiégouakro. Et pour cause, les agriculteurs de ce village accusent les propriétaires terriens d’Attiégouakro qui ont cédé des parcelles aux éleveurs peulh dont leurs troupeaux détruisent leurs cultures.

A en croire nanan Bandama Kouassi, chef de Gofabo, depuis belle lurette, des troupeaux de bœufs viennent ravager leurs cultures de maïs, manioc, igname. Plusieurs rencontres ont eu lieu avec des autorités administratives, politiques dont la première a eu lieu le 1er février dernier. Mais bien avant dit-il, les jeunes agriculteurs avaient vivement manifesté le départ des peulh du village et ce, depuis le 31 janvier 2017.

Le 09 mars dernier, 10.000 bœufs y sont sortis sans aucun incident. Quelques semaines plu tard, poursuit nanan Bandama, le sous-préfet d’Attiégouakro a envoyé une mission dans le village pour se rassurer du départ effectif des bergers et savoir aussi, s’il n’y a plus d’autres bêtes qui viennent encore détruire les cultures. Toutefois, la population a encore interpelé l’autorité de la présence d’un autre groupe de troupeaux, cette fois-ci en provenance du chef lieu du département (Attiégouakro).

Deux bergers ont été appréhendés et séquestrés par les populations. Nanan Kouassi Lenoir, chef du village d’Attiégouakro informé a aussitôt dépêché des émissaires pour une négociation, à l’issue de laquelle, les deux bouviers ont pu recouvrer la liberté. A la seule condition que les bœufs ne reviennent plus à Gofabo. Deux jours plus tard, les troupeaux y sont revenus et des individus non identifiés en ont tué 8. Le propriétaire des troupeaux informé, saisi la gendarmerie de Yamoussoukro, qui aussitôt, débarque dans le village et lance des convocations sans pouvoir identifier les coupables.

Très en colère, la population de Gofabo dans toute sa composante, décide d’attaquer Attiégouakro en général, les propriétaires terriens en particulier, pour en découdre avec eux. Munis de gourdin, machette, calibres 12, de nombreux jeunes ont pris pour cachette la brousse pour s’effrayer un chemin en vue d’attaquer la population d’Attiégouakro. Mais bien avant leur décision d’attaque, les deux mutuelles des deux localités informées se sont rencontrées le 29 mars dernier pour apaiser la tension. Mais en vain. Les convocations lancées par la gendarmerie irritent les populations appelées à comparaître hier mercredi 5 avril devant la brigade de la gendarmerie de la capitale politique.

Déterminée pour en découdre avec Attiégouakro aucune personne n’a pu se répondre à une quelconque convocation. Les jeunes armés de gourdins, machettes, calibres 12 interrogés hier dans la localité ont précisé que, si les autorités ne font rien pour chasser les peulh, le département d’Attiégouakro connaîtra le syndrome de Bouna.

Jacquelin Mintoh

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