Guinée: la réinsertion par l’agriculture

6 mars 2018

Réinsérer les jeunes guinéens dans l’agriculture pour lutter contre le chômage, l’exode rural et l’imigration, c’est le pari du PJDD, le Partenariat des jeunes pour le développement durable. Dans la commune de Dubreka en bordure de la capitale Conakry, ce qui a commencé par une petite initiative personnelle prend aujourd’hui de l’ampleur pour se transformer en véritable coopérative agricole et de plus en plus de jeunes tentent l’aventure.

Bawa, préfecture de Dubreka, au pied de la Montagne du « chien qui fume », 65 hectares consacrés à l’agriculture durable. Ouseynatou Diallo est institutrice mais là, elle repique des poivrons : « Mon travail d’institutrice je ne le fais que les jours ouvrables, les week-ends, je suis là. Ca me permet de gagner plus d’argent. Ce qu’on produit, on le vend nous même. »

La coopérative est aussi une école. Tout se fait sous l’oeil bienveillant d’un ingénieur agronome. Le centre produit du riz, des pastèques, des tomates et quelques volailles. Une idée qui a germé dans l’esprit de Mamadou Malado Diallo, ancien fonctionnaire : « Les gens n’aiment pas l’agriculture, car ils ont coutume de voir ce vieux, toujours le ventre creux, les pieds nus, en guenilles… Mais nous avons voulu rendre l’agriculture sexy. »

Et pour cela une seule solution, montrer que cultiver peut rapporter de l’argent : « Deux hectares de pastèques c’est plus de quinze à seize millions de francs guinéens. Mais il faut savoir quand le faire. »

Et ça c’est le travail de Mamadou Aliou Thiam, commercial du PJDD. Il mise sur la contre-saison : « Vous avez vu à l’heure actuelle, il n’y a pas de piment. Nous, nous avons du piment. Quand vous descendez au bas fond, il y a plein de choses qu’on ne trouve pas à Conakry. Présentement nous avons même des choux-fleurs produits en Guinée alors que ce n’est pas la saison. »

Averti par les réseaux sociaux, Abdourahman Diallo fait partie des candidats : « Un déclic s’est produit car, par exemple, un de nos jeunes frères qui est parti pour la Libye, il a fait juste une année, il est revenu. Et moi je pense que l’on peut entreprendre ici et réussir chez nous ! »

Le PJDD vise maintenant la transformation des produits qui se fait habituellement à l’étranger. Mamadou Malado Diallo : « Consommons local, produisons local. Imaginez une ferme, trois ou quatre personnes y travaillent. Donc si on a cinq fermes ici, vous multipliez par quatre emplois, ça crée des emplois. Et ceux-là, ils vont contribuer à l’économie du pays. Il y a les cotisations salariales, c’est tout ça qui fait une économie. »

A ses pieds les piments forment un grand tapis rouge à côté des cajous qui sèchent au soleil. Depuis 2013, une centaine de jeunes a tenté l’aventure agricole du PJDD.
(source RFI)

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