Conflit agriculteurs-éleveurs, Le feu couve à Bouafla

3 janvier 2018

(abidjan.net) Le feu couve à Bouafla, village situé dans la sous-préfecture de Tibéhita dans le département de Bouaflé au centre-sud de la Côte d’Ivoire. Une affaire de destruction de plantations par des bœufs, oppose la communauté peuhl aux autochtones.

L’entente n’est plus de mise entre la population autochtone de Bouafla et les allogènes peulhs. Les premiers accusent les derniers de détruire leurs plantations avec leurs bétails. Aussi, ont-ils décidé de faire partir leurs hôtes de leur village d’ici ce samedi 30 décembre.

Selon Gohi Bi Tra Mathias un habitant de Bouafla joint par Poleafrique.info, la destruction des biens des habitants du village s’est considérablement accrue il y a un an sans que cela n’émeuve les autorités vers lesquelles les agriculteurs se tournent. « Depuis l’année passée les bœufs détruisent nos champs. Pourtant c’est avec les fruits de ces plantations que nous scolarisons nos enfants. Mais quand on se plaint, cela ne va jamais loin. On ne sait pas si les peuhls donnent de l’argent aux autorités, mais en tout cas nos plaintes ne sont jamais allées loin », explique-t-il amer.

Le dernier acte qui, poursuit-il, a mis le feu aux poudres, remonte au 17 décembre dernier. A l’en croire, un troupeau de bœufs a détruit les récoltes d’un jeune autochtone. Ce dernier, ajoute la source, est allé se plaindre de la situation chez le propriétaire du bétail. «Le peuhl concerné est allé voir les gendarmes pour leur dire que les jeunes du village veulent le tuer. Curieusement les gendarmes ont pris fait et cause pour le peuhl. Nous avons porté l’affaire devant le sous-préfet ce Jeudi 20 décembre. Et nous lui avons dit qu’on ne veut plus voir les peuhls chez nous. Le délai donné pour leur départ a été fixé au 30 décembre », raconte Gohi Bi Tra Mathias.

Il précise toutefois que sa communauté n’est nullement animée par une volonté d’affrontement avec leurs hôtes. Au contraire rassure-t-il, les autochtones ont mis à la disposition des éleveurs un espace à une dizaine de kilomètres de Bouafla pour qu’ils vivent loin des champs. « Etant donné que ce sont nos frères, on ne les chasse pas. Seulement nous leur disons d’aller s’installer sur une parcelle qu’on leur a donnée. L’espace appelé Fladougou est situé à proximité du barrage Kossou à 27 kilomètres de Bouafla notre village. Certains d’entre eux y sont allés depuis 15 ans déjà. Mais il y en a qui refusent de s’y installer. Et le bétail de ces derniers continue de saccager nos plantations », déplore-t-il. Non sans faire savoir que le sous-préfet de Tibéhita s’est déjà rendu dans ce campement offert aux éleveurs et aussi autorisé la construction d’une école qu’ils ont demandée.

PôleAfrique.info a bien entendu voulu avoir la version des officiels mais au niveau du service domanial de la sous-préfecture, M.Tuo, le responsable, nous a invité à nous rendre à Bouaflé ou effectuer le déplacement l’administration sous-préfectorale de Tibéhita. Quant à nos tentatives pour joindre le sous-préfet, elles se sont avérées infructueuses.

A en croire Gohi Bi Tra Mathias, à mesure qu’expire l’ultimatum, les éleveurs ne manifestent aucun désir de quitter Bouafla et leurs bétails continuent de détruire les champs.

Diaby Baba Alassane (Stagiaire)

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