Bénin: un sommet sur les enjeux alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest

5 décembre 2017

(rfi.fr)Le Bénin accueille du 4 au 8 décembre 2017 la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un rendez-vous annuel pour parler des enjeux alimentaires qui réunit tous les acteurs de l’agriculture et de l’alimentation, à savoir gouvernements, institutions, ONG, associations de producteurs et d’éleveurs. Cette année, il n’y a pas d’inquiétude sur la production, mais l’insécurité alimentaire demeure.

La saison agricole a été globalement correcte en Afrique de l’Ouest. La production de céréales et de tubercules a même augmenté. Pourtant, il y a plus de 5 millions de personnes qui ne peuvent pas se nourrir.

« Il y a trente ans, on regardait le niveau de la production et puis, si les gens ne produisaient pas, ils ne mangeaient pas. L’immense majorité des gens produisait ce qu’ils mangeaient ou bien une grande partie de ce qu’ils mangeaient. Aujourd’hui, l’immense majorité des gens doit acheter sur le marché. Ce qui est le déterminant de la faim, c’est la capacité à acheter sa nourriture », souligne Laurent Bossart, directeur du secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest à l’OCDE.

Le terrorisme accentue l’insécurité alimentaire

La situation est aussi liée, en grande partie, à l’insécurité générée par le terrorisme. Le nord-est du Nigeria pourrait connaître la famine. 500 000 personnes sont en état d’urgence alimentaire à cause de Boko Haram, comme l’explique Laurent Bossart, directeur du secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE. « Boko Haram, non seulement perturbe le fonctionnement de l’économie locale, qui est une économie essentiellement agropastorale ; il détruit les marchés, il détruit les barques des pêcheurs. Mais Boko Haram confisque aussi les productions de poivron rouge, de poisson, de bétail et d’autres, et les vend », développe-t-il.

Mais d’autres zones sont concernées, comme l’explique Baoua Issoufou, expert au Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). « Actuellement, il y a la région du lac Tchad, au nord du Mali, mais il y a aussi une zone dont on ne parle pas et qui est celle de la boucle du Liptako-Gourma, une zone frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Si des mesures adéquates ne sont pas prises pour sécuriser ces zones, on peut s’attendre à une dégradation de la situation alimentaire, tel que cela a été projeté, au cours de la prochaine période de soudure », alerte Baoua Issoufou.

Développer une économie alimentaire

L’agriculture peut offrir des millions d’emplois pour les jeunes. A condition de de la transformer. C’est l’avis de Djibo Bagna, président du conseil d’administration du réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest. « Si l’agriculture n’est pas attrayante, les jeunes ne vont pas faire de l’agriculture. Ce n’est pas comme leurs aînés qui se lançaient même si l’agriculture n’était pas attrayante, analyse-t-il. Aujourd’hui, ils ont besoin d’autre chose, que les politiques ne donnent pas. »

D’ailleurs on doit parler d’économie alimentaire, car le développement de toute la chaîne, de la semence à l’assiette, offrirait des perspectives à tous les jeunes qui partent pour tenter leur chance ailleurs.

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