Les producteurs de chocolat s’engagent à mieux préserver les forêts

3 décembre 2017

(lesechos.fr) Le Ghana, la Côte d’Ivoire et les principaux producteurs de chocolat ont annoncé leur volonté de lutter contre la déforestation engendrée par la production de cacao.

L’hiver est presque là, Noël approche, et dans les rayons des supermarchés comme dans les foyers, les boîtes de chocolats commencent à s’entasser. Si, sur le plan diététique il est recommandé d’en manger, mais avec modération, sur le plan écologique, il serait temps aussi de surveiller sa consommation. En effet, la production de chocolat a un impact nocif sur les forêts des pays producteurs.

Dans un article publié par The Conversation, trois spécialistes de l’environnement expliquent comment les gouvernements du Ghana et de la Côte d’Ivoire, ainsi que les grandes entreprises productrices de cacao et de chocolat se sont engagés, à l’occasion de la COP23, à lutter contre cette déforestation.

Les différents acteurs de l’industrie cacaotière ont ainsi lancé « un cadre d’action qui vise à mettre fin à la déforestation et à promouvoir la protection et la restauration des forêts dans la chaîne d’approvisionnement du cacao ». Ils se sont également engagés « à soutenir les moyens de subsistance et les droits des agriculteurs ».

Deux problématiques

L’élaboration d’un tel « cadre » est le résultat de plusieurs années d’études, qui ont commencé dès 2009. Celles-ci ont regroupé des ONG, les ministères concernés des gouvernements des pays producteurs et des instituts issus du secteur privé.

Leurs recherches ont mis à jour deux problématiques principales dans la préservation de la forêt en marge de la production de cacao : la question de la maîtrise des arbres et celle de l’agenda de la production.

Préserver les arbres

En effet, les auteurs de l’article ont constaté, notamment au Ghana, que si certains agriculteurs s’évertuaient à suivre les recommandations de leur gouvernement sur le nombre d’arbres pour l’ombrage à conserver (à raison de 16 à 18 arbres matures par hectare), tous n’ont pas les mêmes droits sur leur exploitation. Le gouvernement a ainsi accordé « des concessions forestières à des entreprises pour abattre ces arbres dans les exploitations agricoles », notent-ils.

« Les agriculteurs ont en réalité des droits minimes sur les arbres de leurs fermes », précisent-ils. Ces producteurs n’ont donc pas le pouvoir de s’opposer à leur abattage. Difficile, dans ces conditions, de suivre les recommandations environnementales.

Responsabiliser toute la chaîne

Par ailleurs, il serait trop facile, selon ces spécialistes de l’environnement, de rejeter la faute uniquement sur ces agriculteurs souvent très pauvres. Ce serait oublier le rôle important de la consommation. Mais aussi la différence des pouvoirs qui existe d’un bout à l’autre de la chaîne de la production.

ENRIQUE MOREIRA

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