Côte d’Ivoire: Le Président de la BAD affirme que les prochains milliards africains proviendront du secteur agricole

29 novembre 2017

29 Nov. (koaci.com) – A moins de 24 heures de l’ouverture du 5ème sommet de l’Union africaine-Union européenne qui a lieu demain à Abidjan, le département de l’agriculture et de l’agroindustrie de la Banque africaine de développement (BAD), en collaboration avec Grow Africa et l’Initiative for Global Developement (IGD), a organisé ce mardi le tout premier Forum «Leadership pour l’agriculture », (L4Ag) au siège de l’institution financière.

La L4Ag a été créée par cinq ministres africains en charge de l’agriculture et des finances, la Fondation Rockefeller et la Commission de l’Union africaine. La BAD a déjà obtenu l’appui de la Fondation Rockefeller pour la mise en place de la plateforme.

Le forum s’inspire des analyses et conclusions récentes du rapport «Améliorer le climat des affaires dans l’agriculture 2017 » de la Banque mondiale et du « Rapport sur la transformation de l’Afrique 2017 » du Centre africain pour la transformation économique. Ce premier Forum a exploré la façon dont l’agriculture et l’agroindustrie peuvent être le moteur de la transformation économique en Afrique.

L’ouverture du Forum a été marquée par la présence du Président de la BAD, Dr Akinwumi Adesina et de plusieurs ministres de l’agriculture et des finances d’Afrique. Dans son allocution d’ouverture, le Président de la Bad a déclaré que 300 millions de personnes sont mal nourries en Afrique, pourtant le continent à la clé pour 9 milliards de personnes.

Selon lui, il est nécessaire d’aider l’Afrique à moderniser son agriculture car elle n’est pas un secteur d’activité mais une entreprise, malheureusement, 35 milliards de dollars sont investis par an pour importer la nourriture. Il a reconnu que l’Afrique décime ses zones rurales et a indiqué que l’agriculture n’est pas juste quelque chose qui va rester aux mains des ministres de l’Agriculture.

Le Président de la BAD souhaite que les ministres des finances prennent l’agriculture au sérieux, puisque plus sur les 600 millions d’hectares de terre dans les zones de savane, 400 millions sont exploitables et seulement 40 millions sont cultivés.

Il est convaincu que si ces hectares sont transformés, comme c’est le cas au Brésil, en Thaïlande, l’Afrique pourra être une super puissance en matière agricole pour nourrir tout le monde.

Dr Adessina estime qu’il faut la volonté politique, l’utilisation des technologies, pour réussir ce pari.

Il a exhorté les ministres de l’Agriculture à financer davantage l’agriculture pour nourrir la population.

Selon lui, avec l’initiative de la transformation de la savane en Afrique, le continent ne peut pas continuer de dire qu’il ne peut pas se nourrir alors qu’il a toutes les potentialités.

Il a condamné les conditions d’accès à la terre en souhaitant la mise sur pied de systèmes de facilitation.

«Le système foncier actuel appauvrit la terre. Il faut des droits fonciers sécurisés en Afrique, des titres fonciers pour les femmes agricultures pour bénéficier des terres, » a précisé le Dr.

L’agriculture africaine est la moins mécanisée, Adessina affirme que le continent regorge de beaucoup de pauvres agriculteurs qui utilisent la houe et la machette.

«Il faut qu’on se modernise, il faut qu’on ait des agriculteurs jeunes et éduqués, car selon, l’agriculture est l’activité la plus intéressante, » a lancé le Président de la BAD.

Tout en annonçant qu’il a fait don de son prix alimentaire d’une valeur de 250 mille dollars à la jeunesse du continent pour son appui dans l’agriculture, Adessina a soutenu que les prochains millionnaires et milliardaires se sortiront de l’agriculture.

Par ailleurs, 13 millions de tonnes de cultures de maïs sont ravagés par les chenilles en Afrique, raison pour laquelle, le Président a soutenu qu’il est urgent de moderniser l’agriculture. Il a également demandé aux ministres des Finances de se pencher sur la malnutrition, puisque 54 millions d’enfants souffrent de rachitisme en Afrique.

Pour lutter contre la perte des produits alimentaires, l’accent doit être mis sur la création de zones de transformations des produits de bases.

Adesina rassure que sa vision est réalisable, mais l’Afrique a besoin de leaders pour la réaliser. «Débloquons le potentiel de l’Afrique en matière de l’agriculture. Levons nous et nourrissons l’Afrique avec les potentialités que Dieu nous a données, » a-t-il conclu.

Le Conseiller en charge de l’agriculture du ministre des finances, Edmond Coulibaly a au nom d’Adama Koné reconnu que l’agriculture est un puissant catalyseur pour la transformation des économies africaines.

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