Côte d’Ivoire/ Le SRI, une technique rizicole avantageuse présentée au SARA 2017 (Feature)

27 novembre 2017

Abidjan, (AIP) – Un producteur de riz, Yao Kouakou Marcel, invité par le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), présente son savoir-faire au 4ème Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA 2017).

Rencontré le samedi 25 novembre au stand Innovation du FIRCA, Marcel utilise la technique SRI (Système de riziculture intensive). Bénéficiaire d’une formation reçue dans le cadre d’un programme ouest-africain (WAAPP/PPAAO) exécuté en Côte d’Ivoire par le FIRCA, le jeune riziculteur ivoirien se penche sur les avantages de cette technologie.

Le SRI, une aubaine pour le riziculteur

« C’est le SRI qui m’a permis aujourd’hui d’être autonome par qu’il permet d’augmenter réellement les rendements à l’hectare et de diminuer légèrement le coût de production », précise-t-il.

Par le passé, poursuit Marcel, on prenait 50 ou 40 kg de semence pour la mise en place d’un hectare mais avec le SRI, j’utilise seulement que 10 kg pour la mise en place d’un hectare. « Du coup, si je dois acheter la semence à 1000 FCFA le kilogramme, au lieu de 40 ou de 50.000 FCFA, c’est seulement que 10.000 francs et en termes de transport, c’est plus facile.

Même si je n’ai pas de vélo, je prends mes 10 kg, je m’en vais au champ et je fais mes semis tranquillement. »

La bonne pratique agricole

« Pour le semis de la pépinière, il faut d’abord utiliser de la bonne semence (de qualité) et mettre l’accent sur la préparation du terrain. Il faut faire un bon labour, un bon planage pour avoir une bonne maîtrise d’eau. Ne pas gaspiller l’eau surtout à cause du changement climatique. Et on fait un repiquage, un brin par poquet, 25 sur 25 cm, c’est-à-dire 25 sur les lignes et 25 cm aussi entre les lignes. Et quand on le fait, il n’y a pas de compétition entre les plantes (…) et à partir de la 3ème semaine, nous sommes entre 10 et autour de 25 à 30 talles par poquet », enseigne Yao Kouakou Marcel.

Avec le « 8 à 9 » qui est une variété ayant un cycle très court, à partir du 110ème jour, on est déjà à la récolte. « Avec cette variété et avec aussi cette technique, aujourd’hui, je suis autour de neuf à huit tonnes à l’hectare alors qu’auparavant, avec l’ancienne méthode, j’étais autour de cinq au plus six tonnes à l’hectare », assure le riziculteur.

Investir moins et gagner plus

Financièrement, cette technique fait autour de 600 000 à 700 000 FCFA de bénéfice à l’hectare. « En conclusion, le SRI m’a apporté beaucoup et j’invite tous mes frères producteurs et ceux mêmes qui veulent aujourd’hui cultiver le riz à utiliser cette technique », lance le riziculteur installé à Yamoussoukro, sur le périmètre de Subiakro, sur la voie menant au Corridor Oumé, sur un périmètre rizicole irrigué, mais cette technique se fait également avec le riz de bas-fonds.

Le FIRCA m’a appris à pêcher, au lieu de me donner du poisson

Exaltant sa collaboration avec le FIRCA, Yao Kouakou Marcel affirme que cela lui a apporté beaucoup. En plus de la formation dont il a bénéficié, cette structure lui permet encore d’échanger avec le grand public au SARA 2017, d’avoir des contacts et d’apprendre à tous les visiteurs dont certains n’ont jamais vu un pied de riz. « Ça a été une grande joie de partager cette connaissance avec eux et j’ai pu même signer deux à trois contrats avec des privés », exulte Marcel qui remercie le FIRCA et lui demande de toujours accompagner les producteurs parce que la formation, dit-il, c’est comme apprendre à quelqu’un à pêcher (plutôt que de lui donner du poisson).

Selon Yao Marcel, si dans le futur le FIRCA ne prend plus en compte les bénéficiaires des différents projets, c’est à eux de poursuivre ce travail. « Et déjà on l’a commencé parce que j’ai des contrats en cours pour apprendre à d’autres producteurs comment faire pour vivre réellement de la culture du riz et nourrir la population ivoirienne avec du bon riz. »

(AIP)

cmas

Les spécificités techniques du riz CK (Fiche technique)

La variété CK 73 est cultivée en écologie de bas-fonds et en écologie irrigué avec un cycle de 135 jours, un rendement potentiel de 5T/ha et un rendement moyen de de 3T/ha. Elle est caractérisée par une bonne tolérance aux maladies et à la toxicité ferreuse, avec un goût assez agréable.

Elle nécessite un apport de la fertilisation habituellement appliquée en riziculture irriguée, c’est-à-dire 200 kg/ha de NPK (au 2ème labour), 100 kg d’urée fractionnées en deux apports (1er apport : 50 kg/ha au tallage, soit 25 jours après repiquage ou 40 jours après semis; et 2ème apport : 50 kg/ha à l’initiation paniculaire, soit 75 jours après repiquage ou 90 jours après semis).

Testée en Côte d’Ivoire dans la zone de Korhogo, notamment sur les périmètres rizicoles de Nahoualakaha et de Natiokobadara, cette variété a donné un rendement moyen de 4,4 T/ha.

La variété CK 90 est cultivée en écologie de bas-fonds et en écologie irrigué avec un cycle de 130 jours, un rendement potentiel de 6 T/ha et un rendement moyen de 4 T/ha. Tout comme le CK 73, elle est caractérisée par une bonne tolérance aux maladies et à la toxicité ferreuse avec un goût assez agréable. La fertilisation apportée est également pareille. Testée dans la même zone que le CK 73, son rendement moyen est de 5,2 T/ha.

En somme, la variété de riz CK est tolérante à la toxicité ferreuse, à la panachure jaune, à l’helminthosporiose. Le goût et l’aspect visuel sont très appréciés pour la variété CK 73, et moyennement appréciés pour la variété CK 90.

(Source: FIRCA/WAAPP-Côte d’Ivoire)

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