Une ambassadrice du chocolat ivoirien, le prix Ivoire 2017 et une créatrice

20 novembre 2017

(rfi) Afrique en marche, les têtes d’affiche de Denise Epoté, de TV5Monde, comme chaque dimanche, avec Assane Diop. La première tête d’affiche est une Ivoirienne, Suzanne Kabbani, la première femme à accéder au titre de maître chocolatier en Côte d’Ivoire. La deuxième tête d’affiche est l’écrivain malgache Johary Ravaloson, lauréat du prix littéraire Ivoire pour son roman « Vol à vif ». La troisième et dernière tête d’affiche est sénégalaise, il s’agit de Selly Kaby Kane, designer et créatrice en textile.

SUZANNE KABBANI AMBASSADRICE DU CHOCOLAT IVOIRIEN

Assane Diop : votre première tête d’affiche est une Ivoirienne, Suzanne Kabbani, première femme à accéder au titre de maître chocolatier en Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial de fèves de cacao.

Denise Epoté : Dans un pays qui produit à lui seul près de deux millions de tonnes de fèves de cacao, il était inconcevable que ces dernières ne soient pas transformées localement. C’est désormais chose faite. Dans un petit local qui tient lieu de laboratoire, Suzanne Kabbani transforme le beurre de cacao en pralines et autres truffes. Entourée d’une équipe de femmes originaires des régions productrices de cacao elle crée les Douceurs de Suzanne. Les bénéfices sont réinvestis pour aider les producteurs. Une école sera créée pour leur apprendre à produire un beurre de cacao de meilleure qualité et accroître ainsi leurs revenus. Contrairement au chocolat industriel produit à l’étranger dans lequel sont rajoutés des parfums artificiels pour compenser la faible teneur en beurre de cacao, le chocolat made in Côte d’Ivoire a l’avantage d’être 100% naturel. Amer, fort et fondant disent les connaisseurs. Les mesures prises par le gouvernement pour alléger les taxes dans la filière cacao devraient aboutir d’ici 2020 à la transformation locale de plus de 50% de la production nationale. Tant mieux pour les Ivoiriens amateurs de chocolat qui consommeront alors moins de petits carrés proposés par des marques étrangères fabriqués à base de chocolat ivoirien. Suzanne Kabbani, qui rêve de réécrire l’histoire du chocolat ivoirien, aura alors gagné son pari. D’ici là les ratios auront certainement changé. Aujourd’hui bien que le siège de l’Organisation mondiale du cacao ait désormais son siège à Abidjan, le planteur de cacao touche 1 euro par kilogramme vendu, tandis que le chocolatier étranger en touche 15 !

JOHARY RAVALOSON PRIX IVOIRE 2017

On reste dans la capitale économique ivoirienne pour le numéro deux de votre podium de la semaine. L’écrivain malgache Johary Ravaloson qui vient de se voir attribuer à Abidjan le prix littéraire ivoire pour son roman Vol à vif.

194 pages pour raconter les tribulations des voleurs de zébus. Les dahalos comme on les appelle sur la Grande Île.

Passionné de surf et d’écriture, Johary Ravaloson a conquis le jury du prix Ivoire de littérature africaine d’expression française réuni à Abidjan mi-novembre. En toile de fond de cette histoire ancestrale de voleurs de zébus qui chaque année défraye la chronique à Madagascar, se joue une histoire d’amour entre deux adolescents qui ignorent leur lien de sang. Deux destins décrits par un conteur moderne qui sait trouver les mots justes pour parler de ces pratiques d’un autre âge.

En dix éditions c’est la quatrième fois que le prix Ivoire est décerné à un auteur masculin. Le chiffre dix qui semble être pour Johavy Ravaloson un chiffre porte bonheur puisque Vol à vif est son dixième roman. En 2018, ce prix lui vaudra d’être l’invité du salon du Livre de Genève partenaire de l’association Akwaba Culture que préside Isabelle Kassi Fofana promotrice du prix Ivoire.

SELLY RABY KANE DESIGNER POUR IKEA

Et l’on en vient à la dernière personnalité de votre sélection hebdomadaire. Elle est sénégalaise désigner et créatrice en textile. Selly Raby Kane fait partie des artistes africains sélectionnés par Ikea pour réaliser la prochaine collection du géant suédois du mobilier.

Il y a dix ans après des études en design textile à Paris elle crée à Dakar sa marque SRK, qui reprend les premières lettres de ses prénoms et de son nom. Dans les rues de la capitale sénégalaise, elle découvre le travail de jeunes créateurs autodidactes, mais à la pointe de la mode. C’est assurément l’explosion créative perceptible dans toutes les capitales africaines qui a séduit les dirigeants de la célèbre marque suédoise en quête de renouvellement. Pour Selly Raby Kane c’est une formidable opportunité que de pouvoir ainsi passer de la mode et de la création de tissus à la confection de mobilier en transposant cette touche africaine au sein de l’univers du géant suédois des meubles en kit. Neuf autres créateurs africains sont associés à ce projet : des architectes, des designers et des illustrateurs. Un projet panafricain qui les obligera à travailler ensemble. Cependant Assane, il faudra attendre 2019 pour pouvoir vous offrir du mobilier né d’une collaboration africano-scandinave.

Par Denise Epoté, Assane Diop

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