Adama Coulibaly (DG Conseil Coton Anacarde) : « Notre ambition, c’est d’arriver à 30 % de la transformation de cajou d’ici à 2020 »

19 novembre 2017

19 Nov (agrici.net) – A l’occasion du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA 2017) qui se tient à Abidjan, le Directeur Général du Conseil du Coton Anacarde, Dr Adama Coulibaly, a accordé samedi un entretien à Agrici.net, dans lequel il affiche les ambitions de la structure qu’il dirige depuis juin 2016.

 

Votre structure participe à la 4e édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA). Qu’est-ce qu’elle entend proposer à ce Salon ?

Nous sommes venus exposés l’ensemble des opportunités de nos produits. Lorsque vous prenez la pomme de cajou, vous avez toutes les opportunités qu’elle offre. S’agissant de la graine de coton, on ne soupçonne pas qu’avec elle, non seulement on fait de l’huile de table, mais on peut faire aussi de la pâtisserie, des gâteaux, des beignets. C’est  l’ensemble de ces opportunités, de ces possibilités contenues dans ces deux filières que nous sommes venus vendre ici au SARA.

Il y a quelques semaines la campagne 2017-2018 de la commercialisation du coton a été lancée. Comment se déroule la campagne sur le terrain ?

La campagne du coton se déroule très bien. La commercialisation de la graine de coton est très simple. C’est un système de commercialisation privé très pratique et très connu de l’ensemble des acteurs de la filière.

Quel message pouvez-vous lancer aux agriculteurs ?

Ils sont acteurs de deux filières extrêmement importantes et hautement stratégiques dans l’économie ivoirienne. Et ils doivent en être fiers. Grâce au coton, nous assistons au développement des cultures vivrières qui accompagnent en même temps le coton dans son aire géographique. Grâce au coton, les intrants sont accessibles aux producteurs, les engrais sont accessibles aux producteurs. Grâce au coton, nous exportons de la fibre, mais aussi de la graine de coton. Concernant l’anacarde, vous savez, jusque-là, on ne faisait rien avec la pomme de cajou. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous présenter des galettes à base de pomme de cajou. Nous sommes en partenariat avec une société privé de la place qui va très prochainement lancer ce produit de façon à ajouter de la valeur ajoutée à l’huile de cajou. A savoir la pomme et la noix. L’ensemble des produits dérivés indiquent la richesse de ce produit. Et grâce à cela, nous sommes en train de faire émerger une race de transformateurs autant au plan de la petite transformation que de la grande transformation. Très bientôt, nous allons passer à la vulgarisation de la transformation de ces produits. Et je pense qu’ils seront disponibles dans les super marchés pour booster davantage la production ; pour assurer des débouchés sûrs à nos producteurs, parce que nous ne pourrons pas compter durablement sur l’exportation de ces produits vers d’autres pays. Nous devons d’abord compter sur la transformation nationale.

Nous savons tous que la transformation locale de la noix de cajou n’est pas satisfaisante. Que comptez-vous faire pour améliorer le taux de transformation de ce produit ?

Effectivement, vous avez raison de relever que la transformation n’est pas satisfaisante. Nous sommes autour de 6 % de transformation de notre production en termes de noix de cajou. C’est un résultat très faible. Mais nous sommes en train d’identifier toutes les faiblesses qui plombent la transformation. Ces faiblesses font appel au manque de ressources financières, au choix de technologies, au manque d’équipementier en Côte d’Ivoire, au manque d’un business plan au niveau des investisseurs eux-mêmes, d’un manque de gestion de la qualité des produits. L’ensemble de toutes ces faiblesses sont connues. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Salon international des Equipements des Technologie de Transformation de l’Anacarde (SIETTA) a été initié pour rapprocher les potentiels investisseurs du matériel pour qu’à l’inverse on fasse venir des équipementiers vietnamiens, indiens, chinois, italiens, français… qui ont beaucoup d’expertise. Le SIETTA est donc une opportunité de lever une partie des contrats que je viens de relever et faire de telle sorte que nos investisseurs potentiels puissent accéder à des technologies, à des choix, à des partenariats, à des connaissances technologiques. C’est pourquoi le SIETTA a été institutionnalisé par le gouvernement et mis en alternance avec le SARA tous les deux ans. C’est donc important pour nous. Cela nous honore de constater que le gouvernement nous donne autant de place. En novembre 2018, nous aurons la 3e édition du SIETTA. Et nous comptons sur vous pour faire la promotion de ce Salon.

A quelle estimation du taux de transformation doit-on s’attendre à l’horizon 2020 ?

Notre ambition c’est d’arriver au moins à 200 ou 250 mille tonnes d’ici à 2020. Ce qui va représenter un tiers de notre production annuelle, soit 30 %. Les instructions du gouvernement étaient d’arriver à 100 % de la transformation en 2020. Mais, en tant que technicien, nous voulons indiquer aux autorités que nous sommes en train de travailler. Nous avons besoin d’un délai un peu plus élastique pour arriver à 100 % de la transformation. Nous sommes très bien partis. Nous avons d’énormes intentions d’investissement. Je peux vous dire qu’en 2018, la capacité de transformation qui serait installée en Côte d’Ivoire, ne sera pas loin de 200 mille tonnes. Mais cela ne voudrait pas dire qu’il y aurait 200 mille tonnes de produits transformées. Mais, au cours de 5 ans, nous pensons que nous serons à même d’impulser une dynamique à telle sorte que nous puissions aspirer à une transformation dans les années à venir.

Face à la fuite de la noix de cajou vers des pays limitrophes, des mesures ont été prises par les autorités. Quel bilan peut-on établir ?

Nous avons enregistré dans nos bases de données 673 mille tonnes de noix de cajou commercialisés par nos opérateurs. Mais nous avons aussi grâce à nos systèmes de traçabilité remarqué que 1300 camions qui ont chargé n’ont pas déchargé. Nous sommes en train de chercher à comprendre où ces camions sont partis. Lorsque nous aurons tous les éléments de réponse, nous vous donnerons tous les détails de cette opération. Rassurez-vous, le système de traçabilité que nous avons mis en place est efficace. Il permet donc de savoir en dehors des sorties frauduleuses sur lesquelles nous ne pouvons pas nous exprimer en termes de chiffres. Par contre, nous sommes en mesure de vous parler en détail très prochainement des autres sorties  frauduleuses qui partent de nos systèmes de commercialisation.

Entretien réalisé par

Moïse Yao K.

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