Au Niger, herbicides et pesticides au coeur de l’agriculture

7 novembre 2017

Après l’Affaire du glyphosate, qui agite l’Europe, l’utilisation des herbicides suscitera-t-elle aussi des inquiétudes sur le continent africain.

Sur le périmètre et dans toute la région de Maradi, les agriculteurs utilisent surtout des pesticides. Pour traiter leurs champs, ils achètent les produits au marché. Des produits non homologués, et dont la durée de rémanence n’est pas toujours respectée.
Achirou Salissou est l’un des producteurs de l’aménagement de Djirataoua. Il traite sa parcelle contre les insectes qui empêchent ses plants de Moringa de produire les feuilles vertes destinées à la consommation.

“Des plantes comme le Moringa, quand on les traite, le résultat est immédiat. Mais quelques jours après, les parasites reviennent ; il faut traiter à nouveau. Ici à Djiratoua, nous n’avons pas d’autres choix que d’utiliser les pesticides pour nous débarrasser des insectes. Tout ce qui nous importait, c’est que les produits soient efficaces. Nous ne songeons pas réellement à l’impact sur l’environnement ou la santé. Mais ce qui est sûr, c’est que ces produits doivent forcément être nocifs, parce que tout ce qui tue des insectes peut aussi tuer un homme” s’interroge-t-il.

Des produits nocifs et pourtant….
Habibou Dan Abdou, un autre producteur sur le périmètre de Djiratoua, traite sa parcelle chaque semaine contre les parasites, en raison de 1500 F CFA la séance. Mais il est conscient de la potentielle nocivité des produits qu’il utilise. « Nous avons entendu dire que les produits utilisés pour traiter nos champs, sont nuisibles à l’environnement. C’est vrai que d’un côté, nous constatons la baisse de nos rendements d’année en année et cela est peut-être lié à ces produits. Seulement nous ne pouvons pas nous en passer. Les gens n’utilisent pas beaucoup les herbicides ici. Les producteurs préfèrent labourer. Mais depuis deux ans, surtout cette année, les gens ont beaucoup utilisé les herbicides»

Une alternative est possible
Depuis plus de 5 ans, des chercheurs à Maradi travaillent sur des méthodes alternatives non chimiques pour traiter les champs, notamment l’utilisation des bios pesticides. Ils disent avoir obtenu de très bonnes avancées avec les graines de neem, un arbre très répandu au Niger. Selon Dr Ibrahim Bawa, enseignant chercheur à la faculté d’agronomie de l’université de Maradi et membre de l’équipe de recherche, les extraits aqueux des graines de neem, constituent une alternative très intéressante.

“Nous avons déjà fait plusieurs tests sur le Niébé, et ça donne de très bons résultats. D’ailleurs, pour le paysan nigérien qui a un faible revenu, s’il peut se retourner vers ce produit, parce que le neem, c’est une ressource qui est quand même disponible au niveau presque de tous les villages du Niger. Il suffit de faire la collecte des graines et les préparer. Il y a pas mal de fiches techniques qui sont en circulation sur l’utilisation des graines de neem. Donc il y a des alternatives et nous avons pas mal de données intéressantes qui prouvent qu’avec le neem, le paysan nigérien peut obtenir des rendements intéressants et sans prendre le risque de s’intoxiquer” conclut-il.

par Ali Abdou

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