L’Afrique importe aujourd’hui pour plus de 30 milliards de dollars pour se nourrir, alors qu’elle a le potentiel pour nourrir le monde !

3 novembre 2017

(jeuneafrique) L’histoire nous apprend qu’aucun pays au monde ne s’est développé sans développement agricole. L’industrialisation de l’Europe vers la fin du XVIIIe siècle fut financée par les surplus agricoles et par les excédents de main-d’œuvre paysanne, permis par l’accroissement de la productivité agricole.

Ceux qui réclament l’industrialisation sans passer par la case du développement agricole se trompent. Ils se trompent d’autant plus que l’Afrique dispose de 60 % du potentiel de terres arables encore disponibles dans le monde et que la productivité agricole y est plus que quatre fois moindre que dans les pays à forts rendements. Le continent dispose en outre de plus du quart de la forêt mondiale (le plus grand réservoir de séquestration du carbone), tandis que l’urbanisation galope et gagne sur cette forêt, ainsi que sur les terres agricoles.

Il n’est responsable que de moins de 4 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone, en même temps qu’il est davantage exposé aux effets du changement climatique. Enfin, l’eau, bien qu’inégalement répartie, y est abondante ; pourtant, moins de 4 % du foncier agricole est irrigué. Quant à l’usage de la fertilisation raisonnée (le bon engrais à la bonne dose, pour le bon sol et au bon moment), il y est dix fois inférieur à la moyenne basse des pays à fort rendement agricole.

Une coopération interafricaine nécessaire

Le continent importe aujourd’hui pour plus de 30 milliards de dollars pour se nourrir, et, si rien n’est fait, ce seront 120 milliards en 2050, alors qu’elle a le potentiel pour nourrir le monde ! Or il existe plusieurs possibilités d’augmenter considérablement les investissements dans l’agriculture, qu’il s’agira de transformer aussi rapidement que possible en profits en s’appuyant à la fois sur l’environnement social et sur l’évolution technologique.

Ces profits pourront alors être réinvestis dans l’amélioration du bien-être des populations, dans la promotion de l’agriculture, dans le financement des investissements en infrastructures et dans les efforts continus pour promouvoir l’agriculture. Celle-ci représente dans de nombreux pays le plus large secteur de l’économie, elle est le réservoir de main-d’œuvre pour l’expansion industrielle, l’origine de produits d’exportation en échange de biens industriels et la principale source d’épargne pour l’investissement non agricole.

Toutes ces préoccupations sont au cœur de l’initiative marocaine dite « triple A » (Adaptation de l’agriculture africaine) portée par le souverain marocain lors de son discours à Addis-Abeba, à l’occasion du retour du Maroc au sein de l’Union africaine.

Elles s’exprimeront à travers la nécessaire coopération interafricaine. « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », précisait dans son discours de février 2014 à Abidjan le roi Mohammed VI, pour lequel « l’Afrique a moins besoin d’assistance et requiert davantage de partenariats mutuellement bénéfiques

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