Afrique de l’Ouest/ Banque Mondiale : Mise en oeuvre d’un programme de productivité agricole

30 octobre 2017

(vivafrik) Ayfa Fatimata Ndoye Niane, agro-économiste principale au bureau de la Banque mondiale à Dakar, a relevé samedi la dimension intégratrice du Programme de productivité agricole en l’Afrique de l’Ouest (Waapp, en anglais), à travers en particulier le transfert de technologies du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Ghana vers le Sénégal.

« Toute la dimension régionale et l’intégration de l’Afrique à travers l’agriculture commencent à se matérialiser à travers le Waapp et c’est ce qui fait qu’il est un modèle de projet agricole réussi au Sénégal et dans la sous-région », a-t-elle dit à l’APS. Elle s’exprimait au terme des visites de terrain de la 10ème mission conjointe d’appui Banque mondiale/ Etat du Sénégal à la mise en œuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao/Waapp). La tournée a démarré mercredi 25 octobre 2017 à Sangalkam, Thiès et Tivaouane. La délégation s’est rendue, jeudi 26 du même moi à Ross Bethio avant d’aller vendredi 27 et samedi 28 à Kaolack, Fatick et Diourbel. « La dimension régionale est importante. Le Waapp a eu des résultats satisfaisants […] », s’est-elle félicitée. A Dialacounda (Kaolack), Coular Socé et Niombato (Fatick) où la délégation s’est rendue, les femmes productrices de riz encadrées par l’Agence nationale du conseil agricole et rural pratiquent le Système de riziculture intensive (Sri), avec en prime des rendements quatre fois supérieurs. « Le Sri est une technique de culture développée dans les pays asiatiques et testée en Afrique au niveau du Centre national spécialisé du riz au Mali, qui a collaboré avec le Waapp, ce qui a permis d’introduire au Sénégal cette technologie qui est une innovation majeure qui fait le bonheur des producteurs qui l’ont adoptée », a expliqué Mme Niane, qui s’est réjouie de la dimension régionale du projet.

L’intégration africaine du projet s’est également manifestée à l’Ecole nationale supérieure d’agriculture (Ensa) de Thiès, où des chèvres rousses de Maradi importées du Niger ont été introduites au Sénégal en vue de préserver la souche de cette race au niveau du pays. « Ces chèvres entrent aussi dans cette dimension régionale. Un noyau dur est en place et est en train d’être multiplié, pour permettre une large diffusion de cette race très réputée en matière de production de viande et pour sa prolixité », a expliqué Ayfa Fatima Ndoye Niane.

A Thialle (Tivaoune) également, de nouvelles variétés de manioc résistantes à la mosaïque ont été transférées du Ghana et distribuées aux producteurs qui, selon l’agroéconomiste principale de la Banque mondiale, ont « apprécié positivement la performance » de ces modèles. « Ils sont même dans une dynamique de le multiplier et de le diffuser le plus rapidement possible, et c’est un résultat que nous sommes ravis de voir sur le terrain », a-t-elle dit.

Au niveau de la sous-région, le Sénégal est spécialisé dans la transformation des produits céréaliers. Le Ghana a comme spécialité le manioc et la patate douce, tandis que le Niger est surtout orienté vers les produits animaliers, la Côte d’Ivoire vers la banane, le Mali le riz et le Benin le maïs.

Moctar FICOU / VivAfrik

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