Commercialisation du Cacao: Le prix garanti en flagrante violation dans l’ndénié-Djuablin

24 octobre 2017

(fratmat.info) Dans certaines localités de l’Indénié-Djuablin, des planteurs préfèrent vendre leur production à des acheteurs “ghanéens”.

Ces acheteurs qui proposent 100 F de plus aux planteurs
« Je viens de vendre mes trois sacs de cacao. Mon manœuvre est venu avec un acheteur qui nous a proposé 800 F le kilogramme, au lieu de 700 F (prix d’achat officiel du kilogramme de cacao en Côte d’Ivoire) ». La joie d’A.T, ce jeune planteur, est grande. A.T s’attendait à avoir 196.000 FCfa, mais grâce à cet acheteur, il a pu avoir 224.000 FCfa. Pourquoi donc, un acheteur peut-il payer plus cher que le prix officiel garanti par l’Etat ?
Sur les traces des acheteurs hors- la-loi.
Niablé, ce jeudi 29 octobre. Il est 15 heures. Devant le grand entrepôt de stockage de cacao de Radee Traiding, l’une des grandes sociétés d’achat de produits agricoles de la région de l’Indénié-Djuablin, les employés sont regroupés sous un acacia. Il n’y a pas de travail. A l’intérieur du vaste magasin, quelques sacs de cacao achetés sont disposés. Et pourtant, la moisson a été abondante chez les planteurs, soutient un employé de la société. Où vendent-ils leur cacao ? Selon M. Konan Jean-Claude, directeur des achats de Radee Traiding à Niablé et superviseur général du réseau Radee Traiding, « certains planteurs préfèrent vendre leur produit à des acheteurs qui proposent plus que le prix officiel. Ils vendent à 800 FCfa le kilogramme ».
Le constat est le même à la coopérative Coop-Ca Abotrê de Niablé.
Dans l’entrepôt de ladite coopérative, on y trouve un stock estimé à environ 4 tonnes de cacao. Une quantité loin d’égaler celle de l’année écoulée. « L’année dernière, à cette date, nous étions déjà à trois chargements de 35 tonnes, chacun », soutient le président du conseil d’administration, Assemou Koffi Bernard. Ce dernier a quitté les locaux de la coopérative depuis plusieurs heures et passe le temps au jeu de dame. « On passe souvent toute une journée sans recevoir de produit », dit-il. Pour lui, c’est clair qu’il y a une fuite du cacao vers le Ghana. « Il y a une fuite du cacao. Depuis les plantations, certains planteurs vendent leur cacao à 800 F le kilogramme à des acheteurs clandestins, qui paient et amènent le produit au Ghana », explique-t-il, amer.
Des habitants du village d’Abronamoua, à environ 28 kilomètres d’Abengourou, soutiennent que « la plupart des planteurs préfèrent vendre leur cacao à 800 FCfa le kilogramme, à des acheteurs qui vont le revendre au Ghana ». De jour comme de nuit, ils convoient, à l’aide de moto, des sacs de cacao, vers des villages frontaliers (côté Ghana).
Ce trafic illicite de cacao vers le Ghana, il faut le souligner, est motivé par le prix pratiqué par ce pays voisin. En effet, pour cette campagne 2017-2018, le Ghana paie le kilogramme à 1,46 euro, soit 950 F CFA, tandis qu’en Côte d’Ivoire, le kilogramme de cacao est acheté à 1,06 euro, soit 700 F CFA. En proposant 800 F le kilogramme aux planteurs, ces acheteurs hors-la- loi peuvent encore se faire des bénéfices, en revendant au Ghana.
Difficile donc pour des planteurs de résister à des acheteurs qui leur proposent un prix au-delà de celui garanti par le Conseil du café-cacao. Vivement un mécanisme de surveillance pour éviter la fuite du cacao ivoirien vers le Ghana.
Jules Claver AKA

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