Du chocolat 100% ivoirien, mais avec un petit goût belge

24 octobre 2017

Le chocolat est donc une passion commune, une tradition partagée, que deux entreprises belge et ivoirienne souhaitent développer ensemble, de manière plus équitable pour les travailleurs et leur famille.

De la fève à la tablette de chocolat

Car c’est un vrai paradoxe : en Côte d’Ivoire, on cultive le cacao, énormément, mais les planteurs ignorent souvent ce que deviennent leurs fèves qui sont souvent transformées ailleurs, par exemple en Europe.

“Vous pouvez expliquer à de nombreux producteurs que c’est à partir de leur production qu’on crée le chocolat, mais c’est difficile à comprendre pour eux.” assure Evelyne Assoukou, qui vient d’une famille de paysans de l’ouest du pays. “Certains ne savent même pas ce qu’est le chocolat…”

C’est pour ça que Suzanne Kabbani collabore avec des coopératives plus respectueuses des planteurs et de leur famille, et pas seulement en matière salariale ou pour les conditions de travail. Avec sa Maison du chocolat ivoirien, elle crée elle-même des pralines et des tablettes, du début à la fin de la production.

“Nous voulons leur donner une vie un peu meilleure, mais également leur donner le goût du chocolat, et exporter ce chocolat 100% ivoirien à travers l’Afrique d’abord, dans le monde entier ensuite” espère-t-elle.

Joint-venture

À Bruxelles, Johann Domas-Conzemius a de son côté relancé il y a quelques mois une vieille marque française de prestige, la Maison Guérin-Boutron, créée il y a près de 250 ans mais déclarée en faillite durant la dernière guerre.

Il vient de s’associer avec Suzanne Kabbani afin de se fournir en fèves plus éthiques pour sa production en Belgique, et pour l’aider à développer le chocolat made in Côte d’Ivoire.

“Ça nous permet bien sûr d’avoir la qualité du produit, de la matière première que nous souhaitons, explique-t-il. Mais aussi d’aller au-delà de ça, de saisir une opportunité de faire la révolution du chocolat ivoirien. C’est notre choix stratégique, et de cœur. C’est vraiment une prise de conscience”.

Une révolution à laquelle participe Evelyne Assoukou, qui est passée des champs à l’atelier de la Maison du chocolat ivoirien. “C’est une fierté pour nous les Ivoiriens de savoir que le produit que nous cultivons devient un produit de grande qualité ici, chez nous.”

L’avenir du chocolat ivoirien passe donc un peu par cette nouvelle connexion entre chocolatiers de Bruxelles et d’Abidjan. Une collaboration officialisée en présence de la princesse Astrid.

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