Ghana-Côte d’Ivoire : cacao, frontières maritimes et bonne entente au menu de la rencontre Ouattara – Akufo-Addo

18 octobre 2017

(jeune Afrique) Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara est arrivé lundi à Accra pour une visite de deux jours à son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo. Après le récent verdict rendu par le Tribunal international du droit de la mer en faveur du Ghana, les deux chefs d’État ont eu à cœur de placer cette rencontre sous le signe de l’amitié.

Au premier jour de sa « visite d’amitié et de travail » ce lundi 16 octobre 2017 à Accra, la capitale du Ghana, le président Alassane Ouattara a été vivement félicité par son homologue ghanéen pour le calme avec lequel les autorités ivoiriennes ont accueilli, fin septembre 2017, le verdict du Tribunal international du droit de la mer (TIDM), qui avait tranché en faveur du Ghana le litige frontalier sur fond d’enjeu pétrolier entre les deux pays.

Les autorités ghanéennes ont mis les petits plats dans les grands. Accueil populaire, cortège à travers la ville, dîner officiel et rencontres bilatérales. «Nous avons réalisé qu’il y avait un moment délicat, quand il s’agissait de ce différend sur notre frontière maritime, a déclaré dans une allocution de bienvenue empreinte de solennité Nana Akufo-Addo, entouré de tout son gouvernement. Mais votre sens politique, votre amitié et votre intérêt pour nos deux pays nous ont permis de surmonter ce moment délicat et de l’utiliser comme base pour forger des relations encore plus fortes entre nous ». Une façon de préparer le terrain avant que ne soit formée la commission mixte composée des experts des deux pays, dont la mission sera de mettre en œuvre le récent jugement sur la délimitation des frontières maritimes entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.

« Intérêt conjoint »

Pour sa part, Alassane Ouattara a suggéré que les deux États voisins, qui entretiennent de bonnes relations depuis de longues années, restent focalisés sur leurs intérêts communs. « Nous visons le développement de nos deux pays, bien sûr dans l’intérêt conjoint des États, mais nous avons aussi une vision de politique économique conforme à nos réalités ».

D’économie, il en a été (et en sera) beaucoup question lors de cette visite. Un Accord de partenariat stratégique (APS) doit être signé ce mardi 17 octobre par les deux chefs d’État. Hier, les officiels ivoiriens et ghanéens ont validé des projets de textes touchant à différents domaines : cacao, mines et énergie, commerce, politique maritime et surtout sécurité et défense. « Un accent particulier sera mis sur le renseignement civil et militaire », confie une source proche de la présidence ivoirienne. Le Ghana abrite en effet le plus important contingent d’exilés pro-Gbagbo, parmi lesquels certains pontes du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo), accusés par Abidjan d’être derrière plusieurs tentatives de déstabilisation des institutions, depuis la fin de la crise postélectorale, en avril 2011.

Cacao

Dans le domaine du cacao, Abidjan et Accra devraient renforcer leur partenariat en vue de peser davantage sur le processus de fixation des prix à la bourse de Londres. En visite officielle en Côte d’Ivoire, début mai 2017, Akufo-Addo avait jugé incompréhensible que les deux plus importants producteurs de cacao au monde (deux-tiers de la production mondiale) laissent le sort de leurs producteurs entre les mains de spéculateurs hors du continent. Les deux chefs d’État souhaitent, en outre, trouver un mécanisme de financement et de création de structures locales de commercialisation et de transformation de leur cacao en pâte et en beurre. « C’est un projet qui devrait avancer, à l’issue de cette visite », selon notre source.

Par ailleurs, la crise togolaise, bien que ne figurant pas à l’ordre du jour officiel, sera au cœur du tête-à-tête entre Akufo-Addo et Ouattara. Le Ghanéen était plutôt proche de l’opposition togolaise avant son élection, début janvier 2017. Quant à l’Ivoirien, il ne cache pas son soutien à Faure Gnassingbé, le président togolais. Les deux hommes devraient arrêter une proposition de sortie de crise commune, qui sera soumise au Guinéen Alpha Condé, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao).

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