Commercialisation du cacao : N’Guessan Edouard (Dga du Conseil du café cacao) :«Nous avons entrepris des démarches pour l’harmonisation des prix»

16 octobre 2017

N’Guessan Edouard, le directeur général adjoint (Dga) du conseil du café cacao, chargé de la production, était le vendredi 7 octobre 2017, face aux producteurs et autres responsables des coopératives de Yamoussoukro, dans le cadre du lancement officiel de la campagne 2017-2018 de commercialisation.

A cette occasion, l’hôte de Mme Josiane Fléan, directrice de la délégation régionale (Dr) du Conseil café cacao de Yamoussoukro, a fait des révélations sur la fuite du cacao à la frontière Ivoiro-ghanénne. Il répondait ainsi aux préoccupations de certains producteurs.

«(…) Chaque fois que le produit est mieux rémunéré au Ghana, une partie de notre production va au Ghana. Dans le cas contraire, une partie de leur production vient chez nous. C’est donc un ”yoyo” incessant. Pour la récente campagne 2016/2018, on était à 1100 Fcfa le kilogramme, puisque le Président a décidé, dans le cadre de son programme, de payer 60% du prix Caf aux producteurs. Donc, pour qu’on fixe le prix à 1100, le prix Caf était à environ 1800. Au Ghana, ils ont fixé l’équivalent en Cedi de 1100 fcfa, précisément à 1117 Fcfa. Or, la monnaie ghanéenne fluctue chaque jour. Ce n’est pas une monnaie fixe comme le franc Cfa. Progressivement, au cours de la campagne, on s’est rendu compte qu’une bonne partie du produit de l’autre côté, venait chez nous, puisqu’au fur et à mesure que le Cedi baisse, nous on est toujours fixe à 1100f Cfa. Les producteurs qui sont à la frontière, préfèrent venir chez nous. Officiellement, ce ne sont pas des choses qu’on reconnaît. Moi, je ne peux jamais vous dire combien de quantité on a reçu du Ghana. Pour nous on a commercialisé du cacao et c’est tout. Pendant la campagne principale, une partie de la production du Ghana s’est retrouvée en Côte d’Ivoire. Vous savez, la campagne 2016/2017 était une campagne record. Dans ce que Madame la Dr a présenté, même à Yamoussoukro, il y a eu une augmentation de 15% (de production). Au niveau national, on avait plus de 28 % d’augmentation. Ces 28%, c’est vrai, il y a eu les arbres qui ont produit un peu plus, mais il y a eu une partie de la production du Ghana, qui est venue chez nous. Mais quand on est arrivé à la campagne intermédiaire, ça s’est inversé. Notre prix a été fixé à 700f Cfa. Alors que dans le système de commercialisation du Ghana, on stabilise toute la campagne. Quand on fixe le prix, c’est pour les 12 mois de la campagne, comme on le faisait à la Caistab. Au niveau du Ghana, ils avaient la contrainte de maintenir le prix, avec le fond que le gouvernement a emprunté. Donc, une partie de notre production est partie chez eux. Je pense que chacun de vous connaît le niveau du marché aujourd’hui. Depuis fin mars, il est autour de 1100f Cfa. Quelle que soit la volonté de l’Etat, il ne peut fixer le prix du kilogramme à 1100f aux producteurs. 60% de 1100f, c’est environ 600f. Mais le gouvernement a décidé de maintenir le prix à 700f, en abandonnant certaines taxes. Si le marché offre plus, on va répercuter sur le prix. Actuellement, le marché ne permet pas de payer plus. Il faut fixer les prix en harmonie avec ce que le marché offre, et non des prix politiques (…). C’est normal que la contrebande se fasse dans les deux sens. En son temps, quand on était à la caisse, on a fait une étude qui a été confirmée par d’autres experts. Entre les deux pays, si la différence de prix est inférieure à 50F, en son temps, ça doit être aujourd’hui à 100 F, il n’y a pas de contrebande. Quand c’est supérieur à 100 F, cela entretient la contrebande. Car il faut qu’en payant le cacao, en le mettant dans un camion et en le sortant du pays, l’acheteur ait intérêt à le faire. Il faut couvrir tous les frais, de sorte que lorsqu’il va le revendre de l’autre côté, il puisse gagner. S’ils sont à 800f et nous à 700f, il n’y a pas de contrebande, mais au-delà, il y a la contrebande. Cela a toujours été comme ça, depuis toujours. Entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, il y a toujours des ”yoyo”. Il y a des gens qui ont leur plantation à la frontière. Une partie au Ghana, une partie en Côte d’Ivoire. Ils peuvent vendre ici et là. On ne peut pas interdire à des planteurs de vendre là, où il y a les meilleurs prix. C’est eux qui nous ont fait. Si nous savons réfléchir, c’est qu’ils sont plus intelligents que nous. C’est à nous de nous arranger pour qu’il y ait une harmonisation des prix. Et nous avons entrepris les démarches pour cela. Il y a eu des rencontres avec le Ghana. Ils sont venus ici. La dernière rencontre a eu lieu en août. On a travaillé sur ce problème de contrebande avec eux. C’est là qu’ils nous ont dit qu’ils vont voir s’ils peuvent maintenir le prix. Mais ils savent qu’économiquement, cela n’est pas justifié. Nous avons discuté sur la possibilité d’harmoniser les prix et sur ça, on est globalement en phase. Il y a des détails qu’il faut régler, notamment il faut qu’on s’accorde au niveau des systèmes, pour arriver à une harmonisation des prix», a indiqué le Dga du Conseil du café cacao.

Non sans ajouter que le cacao ivoirien est coté à la bourse de Londres. «Si Londres nous dit que c’est 1200f le prix du kilogramme du cacao, on commence à vendre à partir de 1200f», a-t-il précisé.

Camille SIABA (Correspondant régional)

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