Pour la BAD, l’agriculture est une chance pour l’Afrique

24 mai 2017

(rfi.fr)24 MAI-L’agriculture, avenir du continent ? C’est ce qu’on entend beaucoup dans les assemblées générales de la Banque africaine de développement (BAD) qui ont débuté en Inde à Ahmedabad avec quelque 5 000 participants venus de tout le continent, des banquiers, des ministres, de hauts fonctionnaires, des économistes… L’agriculture est donc au cœur de ce rendez-vous, un secteur à « transformer pour créer de la richesse en Afrique ».

L’Afrique, qui possède aujourd’hui 65% des terres arables non cultivées au monde, continue à importer de quoi se nourrir. Et la facture est lourde, 35 milliards de dollars chaque année. Plus grave, si rien n’est fait rapidement, ce sont bientôt 100 milliards par an que les Etats africains devront débourser d’ici 2030, juste pour subvenir aux besoins alimentaires de leurs populations.

Il y a donc urgence à investir dans l’agriculture, d’abord pour nourrir les populations, mais pas seulement, car à en croire la Banque africaine de développement, de la transformation de l’agriculture viendra le développement. Son président, le Nigérian Akinwumi Adésina, ancien ministre de l’Agriculture et du développement rural – ce n’est peut-être pas un hasard – l’a rappelé encore ce mardi matin : « Aucune région au monde ne s’est développée sans transformer son secteur agricole ».

L’exemple indien

Un secteur qui pèse aujourd’hui en Afrique plus de 16% du PIB et qui fournit du travail à 60% de la population. Seulement une révolution agro industrielle ne s’improvise surtout lorsqu’on connaît le déficit de l’Afrique en infrastructures et en énergie. L’Inde, pays hôte de ces assemblées annuelles, pourrait montrer la voie pour cette transformation.

L’Inde qui en dix ans a réussi sa révolution verte. Avec seulement 3% des terres arables, le pays nourrit aujourd’hui 17% de la population mondiale. L’Inde a investi dans les biotechnologies pour fournir à ses petits agriculteurs des semences de qualité, des engrais, la mécanisation, qui a mis en place des financements innovants. Autant d’expériences que l’Inde se dit prête à partager avec l’Afrique. C’est ce qu’est venu dire ce matin à la tribune le Premier ministre indien, Narendra Modi.

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