Interview avec le député Kouassi Koffi Kra Paulin sur les effets du changement climatique

8 mai 2017

08 Mai (agrici.net) – L’équipe d’Agrici.Net a arraché quelques mots à l’honorable Kouassi Koffi Kra Paulin, député de la circonscription électorale de Sorobango-Tagadi après sa tournée de remerciement qu’il a effectué dans lesdites sous préfectures du 13 au 18 avril. Il fait de la bataille du changement climatique une affaire personnelle.

Agrici.net : Votre logo de campagne était l’anacarde, quel sens ?

Kouassi Koffi Kra Paulin : Merci de me donner cette occasion de parler de mon logo. Naturellement un logo ne se choisit pas au hasard surtout quand il s’agit d’une élection. C’est un long travail avec toute une équipe, ce sont des moments de cogitation avec un groupe de travail pour voir quel symbole fort il faut mettre sur soi. Dans une campagne comme celle des législatives, le logo est comme le réceptacle, c’est le logo qui montre ce que tu veux faire. Ce pourquoi tu choisis ton logo, il y a des raisons évidentes. Nous sommes des cultivateurs et dans les années 1980, il y a eu l’intrusion de cette plante que nous ne connaissons pas dans notre région ; qu’on appelle l’anacarde.

Au fil des années, l’anacarde est devenu notre cacao, notre seule culture de rente. Nos parents ne jurent et ne font tous leurs projets de vie que par l’anacarde. L’igname, le fonio, le sorgho et les autres produits viviers que nos parents cultivaient avant, n’apportent plus ce que les parents attendent en termes de finance. Nos parents se sont tous penchés vers l’anacarde, sans toute fois négliger totalement les autres cultures vivrières. Leur intérêt se trouve dans l’anacarde. J’ai choisi l’anacarde pour dire aux parents que je tiens à leur développement, que je tiens à leur bien être et à leur mieux être. Je fais corps avec eux et je fais corps avec le produit qui est porteur d’espoir aujourd’hui dans ma circonscription électorale. Et ce produit qui est porteur d’espoir c’est l’anacarde.

A.N : Au cours de vos tournées de pré campagne, de campagne et même de remerciement, vous avez abordé le sujet du changement climatique avec vos parents, ce sujet vous tient t’il à cœur ?

K.K.K.P : Evidemment ce sujet me tient à cœur, c’est même une préoccupation planétaire et mondiale. Vous convenez avec moi que chaque fois on parle des COP ; la COP 21 qui s’est tenue en France et la COP 22 au Maroc. Cela veut dire que depuis 22 ans le monde entier parle du changement climatique. Mais c’est seulement maintenant que nous sentons ces effets. C’est pourquoi en tant que cultivateur moi-même et fils de cultivateur, je ne pouvais pas rester indifférent à ce sujet. Et j’en vois les conséquences néfastes sur nos parents et dans nos régions. Les parents ne maitrisent plus les saisons. Ce message, je l’ai toujours dit aux parents, avant pour planter l’igname ou pour débroussailler les champs, nos parents observaient certains arbres, lorsque les fruits sont murs ou lorsque les fruits tombent, automatiquement, on sait que c’est le moment des travaux champêtres. Mais aujourd’hui cela n’existe plus. On ne sait plus à quel moment il pleut ou à quel moment il ne pleut pas. Les parents ne savent plus à quel moment planter leurs cultures On ne maitrise plus les saisons. Si tu ne sais pas à quel moment planter, tu ne sauras pas également à moment récolter. Cette situation met les parents en difficulté. On assiste à une famine. D’années en années, la pluviométrie baisse et les rendements également.

Cela agit donc sur la paupérisation des parents ce qui impact la vie de nos parents. J’insiste en disant que la prochaine guerre chez nous, sera la guerre de la faim à cause du changement climatique. Cette situation va entrainer le phénomène de l’exode rural. L’exode sera encore plus grand car les jeunes n’arrivent pas à s’épanouir au village. Ils n’arrivent plus à avoir gain de cause dans la terre. Les jeunes iront vers les villes ou encore il y a des difficultés, ils sont obligé de devenir des microbes parce qu’il n’y a rien à faire en ville. Pour résoudre un peu ce problème, je fais toujours un clin d’œil à l’état. J’invite les sachant, les structures d’encadrement tels que le CNRA, ANADER, les météorologues, a aider nos parents à dompter ce phénomène.

Nous pouvons y arriver à travers plusieurs phases. La première phase et c’est elle que j’arrive à faire à toutes mes visites régulière ici depuis 2 ans après la COP de Copenhague, c’est la sensibilisation des parents. Les pluies sont rares et ne viennent plus selon les saisons que nos parents connaissaient, alors certains vont voir des prêtresses traditionnelles, des imams dans les mosquées et des pasteurs pour des prières en faveur de la pluie et partant des prochaines récoltes. D’autres encore s’en remettent à adorer des génies de rivières en sacrifiant des bœufs afin d’avoir la clémence des dieux pour qu’il pleuve et que les récoltes soient bonnes. Les parents ne savent pas véritablement à quel saint se vouer. Il faut d’abord penser à la sensibilisation des parents sur ces différents phénomènes. Nous le savons parce que nous sommes à la COP 22 mais c’est seulement maintenant que nos parents voient ces effets du changement climatique.

Il est de notre devoir en tant que fils de la région de permettre à ce qu’il y est cette sensibilisation, c’est ce que je faisais depuis 2 ans. Maintenant que je suis élu, je vais venir avec des sachant pour entretenir les parents afin qu’ils comprennent que ce sont tous ces phénomènes qu’on appelle le changement climatique. Ensuite en tant qu’élu, il faut aider les parents à trouver des solutions. Je pense que l’état et les structures d’encadrement doivent aider les parents à travers une réponse locale à nos problèmes contre le changement climatique avant qu’une solution mondiale soit trouvée. Le travail quotidien des parents est la terre et il faut que cette terre puisse les nourrir et leurs permettre de se prendre en charge pour leur bien être et leur mieux être. Je pose le problème, je fais des campagnes de sensibilisation en attendant que les sachant et les structures d’encadrement trouvent des solutions pour dompter le problème au niveau local.

A.N : Pendant vos tournées de pré campagne, vous avez remit des semences de maïs à des coopérative de femmes. Quel sens à un tel geste quand on sait que vos populations ont l’igname comme habitude alimentaire ?

K.K.K.P : Nous avons comprit, nous paysans et qui avons connu l’ambiance des champs pendant notre enfance, que la production de l’igname régresse nettement d’années en années. Et quand la production de l’igname régresse, cela crée la famine. Cela crée notamment des problèmes de nourriture. Notre régime alimentaire est entrain de changer. Avant, on consommait beaucoup d’igname et peu de maïs. Mais maintenant, les parents magnent beaucoup de maïs, peu d’igname et beaucoup plus de riz que nous achetons dans les boutiques. La boutique de Diallo est devenu nos champs dans les villages et pour des peuples comme les notre, c’est une catastrophe.

Le régime alimentaire a changé parce que l’igname se raréfie et selon la loi du marché même quand nous en avons c’est très cher. Les pluies ne viennent pas à temps et cela agit beaucoup sur les productions. Il faut trouver une autre culture pour aider les parents à s’auto suffire au niveau alimentaire. A travers la science, le maïs a été beaucoup développé pour résister à beaucoup de facteurs. Pour lutter contre la famine chez nous j’ai voulu organiser les femmes et les jeunes en coopérative pour qu’il y est des réponses collectives à cette question. C’est pourquoi, je m’incruste dans ce domaine pour que les parents soient organisés. Après l’organisation, il faut qu’ils soient encadrés et après l’encadrement nous allons les aider à produire en apportant les semences, le personnel d’encadrement de l’ANADER avec qui je travaille depuis 2 ans à savoir Konan et Siriki et les accompagner avec les intrants.

Tout cela c’est mon apport et la seule chose que je demande aux parents, c’est leur engament pour ce projet afin de lutter tous ensemble contre le changement climatique. Nos parents peuvent exploiter aussi les bas-fonds qui existent dans nos régions. Il faut chercher des moyens avec des structures ou l’état pour faire des retenues d’eau qui aideront nos parents à produire assez. Je penche de l’igname au maïs pour trouver une mesure palliative à la question de la faim qui se pose à mes parents. C’est vraiment un de mes projets clé. Je veux organiser les femmes et les jeunes en coopérative. Il nous faut trouver des structures d’accompagnement et d’aide aux parents. C’est une chance pour nous que l’USAID a élit ma circonscription dans leur programme d’aide au parlement. Nous travaillons à sensibiliser, à organiser les parents afin qu’ils bénéficient de la plate forme es bailleurs. En organisant les femmes et les jeunes en coopératives, nous pouvons facilement avoir de l’aide pour leur permettre de produire suffisamment pour se nourrir.

A.N : Vous avez remit de nombreux récépissés de coopératives aux coopératives naissantes dans les villages au cours de votre dernière tournée. Es ce un geste d’accompagnement pour l’autonomisation des femmes ?

K.K.K.P : J’ai dit aux parents depuis 2 ans, qu’il faut transformer les problèmes individuels en solutions structurelles. La solution structurelle, c’est l’organisation en coopérative. En aidant la coopérative, on aide le groupe, on aide le village. C’est pourquoi, j’en fais l’une de mes priorités. L’organisation des femmes et des jeunes en coopératives pour que ces coopératives soient les bras séculiers de leurs problèmes. Pour résoudre les problèmes vitaux ou selon la pyramide de Maslo, les besoins primaires des membres de la coopérative et penser à aller aux problèmes structurels. Cette politique permettra de maintenir les jeunes et les femmes au village pour éviter aussi l’exode rural.

Pour qu’ils puissent s’épanouir au village, je permets la création des coopératives dans chaque village. J’ai prit l’engagement de leur trouver les agréments. J’ai prit l’engagement de leur envoyer chaque année la semence, les intrants pour qu’ils puissent et le personnel d’encadrement. Leur seul engagement, c’est d’adhérer à ce projet. J’invite les populations des sous préfectures de Sorobango et Tagadi à prendre à bras le corps ces organisations que nous mettons en place parce que c’est dans leurs intérêts. Vu l(‘engouement et l’attrait des parents, je pense que les parents ont comprit le bien fondé de ce projet. Beaucoup de villages ont reçu leur récépissé et tous les autres villages restants frappent à la porte des agents d’encadrements de l’ANADER que j’ai sollicité pour piloter le projet. Ces agents organisent et encadrent les nouvelles coopératives.

J’implique les autorités sous préfectorales, se sont telles qui signent les récépissés. Je salue madame Irié Lou Colette et je me penche vers elle pour lui dire que les femmes des sous préfectures de Sorobango et Tagadi sont organisées et n’attendent que la visite de la présidente de le FENACOVICI. Vous comprenez qu’on ne peut pas aider les gens individuellement, alors nous demandons aux jeunes et aux femmes de notre circonscription électorale de se mettre en coopératives. Je vais saisir madame Irié Lou par des documents officiellement en tant que député de la circonscription afin qu’elle et sa structure puissent accompagner nos coopératives. Pour toute personne de bonne volonté qui aide les femmes et les jeunes à sortir de la précarité, nous leur tendons la main afin de venir aider de braves femmes et de braves hommes qui sont victimes du changement climatiques et dont les seuls efforts de leurs muscles ne suffisent plus. Nous sommes à leur écoute, afin qu’ils aident nos parents à avancer. Je me battrai corps et âme, tout ce qui est humainement possible pour faire avancer ce projet.

A.N : Un appel ?

K.K.K.P : J’appelle à l’union et à l’unité des fils et des filles mais beaucoup plus à celle des cadres. Nous sommes les miroirs de nos parents. Mon programme de l’an 1 est l’union et l’unité des cadres. Les cadres sont les lumières. J’appel les populations à comprendre le rôle du député. Je dis que le député est un vecteur de développement de par ses relations propres. Le député est catalyseur à travers les relations que peuvent lui offrir le statut de député. Il y a beaucoup de priorités : infrastructures routières, eau, éducation, actes de naissance, électrification. L’attente est grande. Je comprends les parents et j’appel la population a la patience. Dans un mandat tout ne dépend pas de toi, il y a le facteur chance, prières et Dieu. Je pense que Dieu va nous aider. Merci au président de la république Alassane Ouattara qui électrifie progressivement nos villages.

Kanigui Bilguisse

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