Agriculture : la productivité africaine suspendue à la R&D et aux infrastructures

14 avril 2017

(Agrici.net) 14 avr Les chiffres ne mentent pas. La productivité agricole africaine décolle, mais à un rythme qui ne permettra pas de nourrir toutes les bouches du continent dans un futur moyen. Pour doper cette productivité, une énième étude vient reconfirmer que seuls les investissements en recherches et développement et en infrastructures pourront assurer la sécurité alimentaire…
Si l’agriculture africaine continue d’améliorer sa productivité grâce une plus grande utilisation de terres et de main d’œuvre, son potentiel reste tout de même loin d’être atteint. Selon l’étude que vient de publier le Think Tank marocain, OCP Policy Center, intitulé « Relance de la productivité agricole en Afrique : l’espoir d’une sécurité alimentaire », les Etats ont besoin d’améliorer les niveaux d’investissements dans la recherche et le développement (R&D) agricole, sans quoi la sécurité alimentaire d’un nombre d’eux reste hors porté.

productivité agricole

Selon l’analyse du Think Tank, la productivité agricole africaine a été peu portée par l’intensification du capital et par des améliorations technologiques. La lenteur de la croissance de la création de valeur agricole est surtout expliquée par un faible niveau d’irrigation, d’utilisation de semences et plants améliorés, d’engrais, de races améliorées, etc. Dans certains cas, il est même question d’inadaptation des intrants disponibles et accessibles sur les marchés nationaux surtout en qui concerne les fertilisants.

La R&D, l’arme oubliée
En même temps, les niveaux d’investissements publics et privés dans la recherche et développement agricoles, dans les infrastructures, dans l’éducation en particulier en milieu rural sont demeurés faibles. Autrement dit, la mise en place des conditions pouvant stimuler les améliorations technologiques est globalement faible. Selon les chiffres rapportés par l’étude, sur les 48 pays africains dont les données sur l’investissement sont disponibles, seulement 3 (le Malawi, le Mozambique et le Libéria) ont dépassé en 2014 le seuil de 10 % de dépenses publiques alloués à l’agriculture. De même, ces trois pays sont dans une tendance à l’augmentation de leurs dépenses publiques dans l’agriculture. Les 45 pays restants présentent une part des dépenses dans l’agriculture inférieure à 10 %. Dans 22 d’entre eux, les dépenses publiques dans l’agriculture sont dans une tendance baissière.

L’examen des dépenses en recherches et développement des pays africains est pareillement inquiétant. Selon l’étude, les dépenses dans la recherche agricole constituent moins de 5 % du produit intérieur brut des 43 pays africains dont les données sont disponibles. Pire, seuls 6 parmi les 43 pays affichent une part qui dépasse la barre de 1%.

R&D agriculture

Parallèlement, la R&D n’est pas uniquement un moyen pour améliorer la rentabilité. Mais elle permet également de lutter et s’adapter au changement climatique dont les répercutions pèsent de plus en plus sur le continent. La R&D agricole a le défi de générer des technologies à la fois hautement productives (rendements), mais permettant également de préserver la qualité du capital naturel de production (fertilité des sols, disponibilité et qualité des ressources en eau, etc.).

Ainsi, la conclusion à retenir de ces faits est simple à déduire. Il faut investir dans la recherche et développement pour améliorer ce secteur stratégique. Mais il faut investir intelligemment. Ces dépenses ne doivent pas se limiter au développement de nouvelles variétés de semences lire la suite ici

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