Côte d’Ivoire/ L’Afrique veut réussir la révolution verte à travers les petits exploitants

13 avril 2017

Abidjan, 13 avr (Agrici.net) – Dans la dynamique de l’édition 2017 du forum de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) prévue en septembre en Côte d’Ivoire, une visite de projets communautaires s’est déroulée mercredi dans les villages de N’Gbekro et Lolobo, dans le département d’Attiégouakro (Yamoussoukro), pour montrer comment les petits exploitants peuvent tirer l’agriculture vers le haut.

Initiée par le ministère ivoirien de l’Agriculture et du Développement rural, l’AGRA et la BAD, avec l’appui de l’ANADER et du projet sud-coréen Seamaul Undong, cette visite a concerné des sites agricoles (tomate, manioc), des tisserands de pagne baoulé et surtout le groupement féminin Edissou de Lolobo, regroupant à ce jour 204 personnes exerçant dans la chaîne du manioc (de la culture à la commercialisation de l’attiéké via la transformation).

Lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Président de Yamoussoukro, au terme de la visite de terrain, le directeur général de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), Dr Sidiki Cissé, a souligné qu’il s’agit de voir comment optimiser les efforts des petits exploitants pour développer l’économie rurale.

« Pour AGRA, l’émergence de l’Afrique passe par le développement de l’Agriculture. L’Afrique ne peut pas tendre vers un développement sans croissance inclusive », a renchéri Waiganjo Njoroje, spécialiste en communication à l’Alliance, notant que sur le continent, 70% des agriculteurs sont de petits exploitants.

« On ne peut aller pour la lutte contre la pauvreté que par le développement communautaire », a ajouté le représentant de la BAD, Djibril Diallo. Rappelant le Top 5 des priorités de la Banque africaine de développement dont « Nourrir l’Afrique », il a souhaité la pérennisation de ce genre d’initiatives et de faire en sorte que tout le monde bénéficie de ce modèle ivoirien.

Ces modèles, ce sont les porteurs des projets visités. Kouassi N’Goran Moïse, qui, à partir d’un prêt de 200.000 FCFA obtenu auprès de Seamaul Undong, a pu développer la culture de tomate. Sur une superficie de 0,5 ha à N’Gbekro (12 km de Yamoussoukro, sur piste), il récolte 9T à raison de 500 FCFA/kg et 4T en contre-saison à 1000 FCFA/kg, et emploie quatre personnes rémunérées à 30.000 FCFA/mois.

Il y a aussi un groupe de jeunes qui a bénéficié d’un prêt de 500.000 FCFA du même projet coréen, et qui s’est investi dans le tissage de pagne baoulé, à N’Gbekoro également. Le coton, cultivé à Korhogo et transformé en fil par l’usine textile Gonfreville à Bouaké, est acheté et acheminé dans le village pour être tissé et vendu.

Les 204 membres de la coopérative Edissou, cultivent le manioc pour les unes, le transforment en attiéké pour les autres. Le groupement, présidé par Kouamé Brou Louise, produit 400 à 500 sacs par jour vendus à 6.000 FCFA le sac (37 kg) à des acheteurs venant d’Abidjan, de la sous-région ouest-africaine et d’ailleurs. La distribution de la recette est faite au prorata des apports en attiéké et la caisse est alimentée par les recettes des parcelles communautaires. Edissou est en train de construire une unité de transformation non encore fonctionnelle, faute d’électricité.

Autant d’initiatives qui justifient le choix de la Côte d’Ivoire, 1er pays francophone, pour abriter le prochain forum de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique.

(agrici.net)

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