Agriculture: les femmes africaines n’ont toujours pas accès à la terre

28 décembre 2016

28 Dec. (Rfi.fr) -En Afrique subsaharienne, les femmes produisent jusqu’à 80% des denrées alimentaires consommées par les ménages, d’après l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Dans les cultures de céréales comme le riz, le maïs ou le blé, ce sont elles qui plantent, désherbent, cultivent et récoltent. Et pourtant les femmes africaines sont encore marginalisées par le secteur agricole. Ce thème a été abordé lors d’une conférence organisée par la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde.

Sana Wony Tieminta a 33 ans. Cette jeune juriste de formation a décidé de se lancer dans l’agriculture. Elle est aujourd’hui présidente de la coopérative Femmes en action. Quatorze femmes à Bamako qui produisent notamment des fruits et légumes, cultivés sur des tables de maraîchage à l’arrière de leurs maisons. Un système D pour surmonter les difficultés d’accès au foncier.

« La nouvelle loi agricole alloue un certain pourcentage de terres aux femmes mais tout en tenant compte des mœurs, dit-elle. Pour qu’une femme accède à une terre, il faut l’accord de son mari. Et ce qu’elles obtiennent en général c’est un petit lopin, à côté du champ de leur mari, qui fait un demi-hectare ou quelques centaines de mètres carrés juste pour planter quelques légumes. Moi, j’ai six hectares à 60 km de Bamako et j’ai les plus grandes difficultés à obtenir le titre foncier qui est quand même une garantie. Ça freine évidemment la production et mes ambitions. »

Pas de terres, pas de financements

Sans accès à la terre, les femmes ne peuvent pas non plus obtenir des financements pour développer une exploitation. « Pour avoir un crédit dans n’importe quel établissement financier il faut avoir une garantie et souvent c’est un titre foncier qui est demandé », explique Christine Njole Ndoumbe, médecin au Cameroun. Elle possède aussi quatre hectares à Penja dans la région du Littoral, dont deux servent à la culture du poivre.

« Les femmes ont des problèmes pour avoir accès à ces moyens financiers, précise ce médecin. Elles ont accès à la terre mais pas à des exploitations pérennes. Elles ont des petites surfaces pour faire de l’agriculture vivrière. Au final, c’est une question de pouvoir économique. Elles gagnent tout simplement moins que les hommes. « Lire la suite sur Rfi.fr

 

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