En Afrique, des drones au service de l’agriculture de précision

27 décembre 2016

27 Déc. (Lemonde.fr) -Sept entrepreneurs africains vont être formés chez le leader français du drone agricole pour tenter

Les drones agricoles permettent d’observer les champs grâce à un capteur spécifique, avec plus de précision que les images satellite, et d’amasser quantité de données : détection des mauvaises herbes et des maladies sur les cultures, constat des dégâts en cas de catastrophe, estimation de la quantité d’engrais nécessaires.
De plus en plus utilisés pour la gestion des cultures en Europe et aux Etats-Unis (en France, le leader Airinov fournit des services à environ 8 000 agriculteurs), ils restent un marché à prendre en Afrique subsaharienne.

« Potentiel énorme »

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), une organisation internationale de développement créée en 1983 par 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les États membres de l’Union européenne, et financée par cette dernière, y a vu une opportunité. « Une partie importante de notre travail se concentre sur les TIC (technologies de l’information et de la communication) innovantes », confie Giacomo Rambaldi, coordinateur de programme au CTA. A propos de l’usage des drones dans l’agriculture africaine, il parle de « potentiel énorme ».

Le Centre a donc fait appel à une start-up française, Airinov, leader français du drone agricole avec 40 salariés et 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, pour former sept entrepreneurs africains.
Spécialistes des drones, développeurs ou chercheurs, le CTA les a sélectionnés par le CTA pour leur connaissance des réalités du terrain et des TIC. Ils devront contribuer à mettre en place l’agriculture de précision à l’aide de drones dans leurs pays d’origine. « Un premier pas », selon Monsieur Rambaldi. La démonstration d’octobre au Ghana, avec le matériel de la start-up, était l’occasion pour les différents acteurs de se rencontrer.

Grâce à une subvention du CTA, les entrepreneurs agricoles originaires du Ghana, de Tanzanie, d’Ouganda, du Bénin et de RDC se rendront en février dans les locaux d’Airinov, à Paris, pour une semaine de formation. « Ils vont pouvoir s’approprier notre technologie et déployer ensuite des services adaptés chez eux », explique Hamza Rkha Chaham, en charge des affaires internationales chez Airinov. Chacun d’entre eux fera l’acquisition d’un drone quadri-rotor à 5 000 euros, financé à 60 % par le CTA. Ils seront ensuite suivis pendant un an par la start-up, avec un bilan hebdomadaire.

Très faible usage des engrais

Les solutions proposées par Airinov en Europe et qui ont fait son succès, comme l’optimisation écologique et économique des usages de l’engrais, sont pour le moment peu adaptées à l’Afrique subsaharienne, où le taux d’utilisation d’engrais azotés est l’un des plus faibles au monde, et où les données sur le foncier sont souvent erronées ou inexistantes. « Nos applications en Europe visent l’optimisation. Lire la suite sur Lemonde.fr

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