Côte d’Ivoire: les répercussions de la nouvelle constitution sur les planteurs allogènes burkinabé

11 novembre 2016

11 Nov. (agrici.net) -Déjà fragilisés dans leurs rapports avec les communautés rurales ivoiriennes pour l’exploitation des terres agricoles, les ressortissants burkinabés installés en Côte d’Ivoire ont vu leur situation empirer avec l’adoption de la nouvelle constitution ivoirienne.

En effet, cette nouvelle loi fondamentale dispose que « seuls l’État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent accéder à la propriété foncière rurale ».

Si cette mesure phare a été saluée par bon nombre d’observateurs dans un contexte international de course effrénée au foncier agro-industriel, elle devrait créer son lot de conflits fonciers et d’expropriations, les cultivateurs originaires du Burkina Faso représentant une importante communauté.

« Ça me fait mal quand je vois ces cabosses de cacao! C’est moi qui ai planté ce cacao-là. C’est moi qui ai nettoyé ce champ pendant 11 ans. Le champ a réussi, le champ produit, et puis ils me l’ont arraché », confie ainsi à l’AFP, Benjamin Kouakou, un allogène dans une plantation près de Guiglo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Une situation qui ne surprend guère certains observateurs.

« C’est complètement démagogique. C’est du clientélisme politique. Le dossier du foncier rural est une véritable bombe à retardement et un sujet très sensible », prédit un observateur.

« Il y a eu énormément de conflits, de litiges fonciers dans la région (ouest-ivoirienne). Clarifier la gouvernance locale est vraiment essentiel pour limiter les risques de conflits », soutient de son côté Gisèle Dutheuil, une analyste du think thank Audace Institut Afrique.

agrici

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