La bataille des registres fonciers dans l’ouest ivoirien

10 novembre 2016

Guiglo (abidjan.net) – “Ça me fait mal quand je vois ces cabosses de cacao! C’est moi qui ai planté ce cacao-là. C’est moi qui ai nettoyé ce champ pendant 11 ans. Le champ a réussi, le champ produit, et puis ils me l’ont arraché…”, raconte Benjamin Kouakou, dans une plantation près de Guiglo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Ce cultivateur baoulé – ethnie du centre du pays – assure que son propriétaire a profité du fait qu’il n’est pas originaire de la région pour lui reprendre deux hectares qu’il a défrichés et mis en valeur.

Considérés comme allogènes par les locaux, c’est-à-dire installés depuis relativement peu de temps sur ces terres, des milliers de cultivateurs venus du Burkina Faso mais aussi d’autres régions de Côte d’Ivoire travaillent
pourtant depuis des années des lopins loués ou achetés, souvent à l’instigation des autorités, qui veulent grossir la production.

Or aujourd’hui la rareté des terres et leur vente posent problème, dégénérant régulièrement en conflits, parfois mortels.

La nouvelle Constitution ivoirienne adoptée par référendum dimanche favorise les locaux, prévoyant que “seuls l’État, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent accéder à la propriété foncière rurale”. En sont donc exclus les Burkinabè, qui sont pourtant plusieurs millions dans le pays.

“C’est complètement démagogique. C’est du clientélisme politique. Le dossier du foncier rural est une véritable bombe à retardement et un sujet très sensible”, accuse un observateur.

Un homme politique renchérit sous couvert d’anonymat: “L’article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme (de 1789) garantit la propriété. Ces droits imprescriptibles sont +la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à
l’oppression+”.lire la suite ici

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